25-02-2023 : catégorie Physique étiquetée relativité, physique quantique, atome
Dans sa chronique « Le Pourquoi du comment », France Culture le lundi 6 fév. 2023, Étienne Klein a traité de l’atome. Le titre de la chronique était « Comment ne pas dessiner un atome ? »  (le podcast est accessible ici.).

Dans une chronique précédente, le même chercheur rapporte un échange ente Paul Valéry et Albert Einstein qui se sont rencontrés à Paris en 1929 :
  • Mais enfin, vous cherchez à exprimer une loi de la nature dans une formule qui soit indépendante du lieu, du mouvement, etc., de l’observateur, mais qu’est-ce qui vous fait croire à l’unité de cette nature et de ces lois ?
  • Mais c’est un acte de foi.
  • C’est tout ce que je voulais savoir.
Nous avons là deux clins d’œil de la science (de Klein) sur l’attitude réceptive dans laquelle il faut se placer pour « croire » en l’idée d’Einstein (qui ne pouvait en rester à celle de relativité) d’unifier l’infiniment grand avec l’infiniment petit : la théorie du tout ! Une « superforce » concentrerait, unifierait les quatre autres principales (gravitation, électromagnétisme, interaction faible et interaction forte).
Cette croyance encore inachevée, à propos de laquelle on dépense sans trop compter ce qui permet aussi à des chercheurs de vivre, m’interroge particulièrement.

On nous dit dans la littérature scientifique (LA littérature, comme on la nomme in situ) que modèle atomique standard ne décrit toujours pas suffisamment la gravitation (c’est en partie pourquoi on cherche à faire évoluer notre description du modèle standard, ce qui en soit n’apporte rien au commun des mortels – que nous sommes tous… mais satisfait l’égo du chercheur qui se dit qu’un jour, son travail n’aura pas été inutile).
En gros, et si je puis me permettre d’entrer sans carte VIP dans le Cercle atomiste, on nous dit :


Avec tout ça on ne décrit encore rien car on voudrait bien accéder aux secrets de la matière pour elle-même et les secrets de la matière pour ses associations (chimie, vie et dieu sait quoi encore s’il s’occupe de ça). Il faut alors entrer dans l’atome...
Et les deux interactions me direz-vous, la forte et la faible (voir plus haut)…

Disons qu’un atome reste un atome, celui du fer, par exemple, étant le morceau de fer le plus petit possible en étant du fer (l’atome, l’insécable de l’Aristote – ah, si seulement celui-ci avait regardé la pomme, il n’aurait pas eu les mêmes explications) « mais » cet atome, pas si insécable que ça, peut se scinder pour lui-même (désintégration, comme dans nos centrales nucléaires) ou accepter (sous extrêmement forte contrainte de fusionner avec un autre en libérant une énergie colossale (voir projet ITER). Vous trouverez matière à réflexion ici (une page du CEA).
Plonger de plus en plus profond dans la matière ne servira à rien si ce n’est dans nous enfermer dans des schémas de plus ne plus complexes et théoriques (la foi du chercheur) où seule une croyance très matérialiste (…) peut servir de point d’appui. Les théories ont parfois bon dos ; c’est ce qui fait entre autres que naissent tout un tas d’application quantique (comme massage quantique !!!) ou de perspectives technologiques (ordinateur quantique) quand ce n’est pas pour « expliquer » tout et n’importe quoi (WHAT THE BLEEP DO WE KNOW ? https://youtu.be/6yQo_DriYYU où tout le monde trouvera son compte pour réfléchir à question).

On trouve dans le propos d’Étienne Klein (voir page du podcast), à qui j’exprime tout mon respect, deux mentions qui me font penser à Paul Valéry échangeant avec Albert Einstein :
Le formalisme quantique permet en effet de faire des prédictions extrêmement précises à propos de ce qui peut être observé ou mesuré dans le monde de l’infiniment petit, prédictions qu’aucune expérience n’a jamais pu mettre en défaut.

Si l’on cherche à déterminer leur position [aux électrons] en utilisant une lumière de très courte longueur d’onde, on les trouvera en un point ou en un autre, parfaitement localisé*, mais différent d’une mesure à l’autre effectuées sur des atomes identiques**.


Je vous laisse méditer sur cela pour en arriver à imaginer comment un assemblage atomique, mécanique, peut en venir à constituer un être vivant : transformez-vous en Aristote pensant non sur l’inerte mais à propos de la pomme, par exemple (j’aime bien les pommes et les chats, et accessoirement les humains pour illustrer l’autre monde, celui du non-inerte, de l’organique, celui où l’on s’exprime et sans lequel nous ne pourrions être pour discuter de tout cela). Vous comprendrez vite, même en regardant du côté de la fameuse soupe primitive, que la matière ne recèle rien qui puisse aboutir à ou constituer un être vivant, au mieux elle sait se montrer en cristaux, une sorte d'organisation… aux allures de presque vivant.

* l’image (faite à travers un ensemble de technologies nées de l’idée théorique qu’on se fait du résultat qu’on va avoir) est une preuve de la réalité de l’électron, à la fois dans son apparition (il est quelque part) et dans son absence (il est donc mobile puisqu’il n’est pas toujours au même endroit).

** L’expérience n’est donc pas strictement reproductible (tout dépend de l’électron ici et de l’idée qu’on s’en fait) tout en montrant régulièrement que le phénomène en arrière-plan (la matière se tient et obéit à des principes quelque soit sa nature (carbone, aluminium, uranium, etc.). [Cela me fait penser à notre propre recherche sur le capteur sensible, toujours actif mais jamais reproductible…]

Pour s’informer :
Articles de mon blog de scIence :
vous avez dit « quantique » (2013) ainsi que Pourquoi le capteur sensible nous passionne-t-il ? (2019, déjà cité).

Ailleurs sur le web :
« Quantique? Vous avez dit quantique? » à propos de sensibilité et capacité quantiques. (2019)
et en librairie (avec un Klein d’œil) : Quantix, comment physique quantique et relativité façonnent notre réalité où l’on peut lire encore une fois que « nos sens nous mentent » affirmation qui arrange bien l'abiotisme (ou l'avitalisme ?) comme si Copernic avait encore les moyens de produire un écho et comme si nos sens étaient suffisamment malins pour déstabiliser notre jugement (voir Goethe : « Ce ne sont pas nos sens qui nous trompent mais notre jugement. » !… reste à comprendre le sens des mot « nos » et « notre »)


COMMENTAIRES