Ouh la la voilà un bien grand mot !
Le post-traitement c'est le travail réalisé après coup sur le cliché d'origine (mis en mémoire via votre capteur, ou fixé sur le support argentique) : recadrage, rotation, renforcement des couleurs, et tout ce qui peut s'apparenter à de la retouche comme effacer les détails gênants ou se lancer dans des amusements plus ou moins fantaisistes et plus ou moins productifs, etc. ...
Personnellement je pars de 2 principes pour appliquer un post-traitement à une image à sauver :
👉 l'image enregistrée ne correspond pas à ce que j'ai ressenti quand je l'ai faite, quand, via son oeil, mon être a saisi l'ambiance non comme un fond d'écran mais en mettant en valeur en évidence des relations de profondeur et de couleur ; le reste ne lui appartient pas alors que c'est souvent le moteur du déclenchement ("même à 200 m je le voyais très bien ce chamois qui est maintenant quasi invisible pile au centre de l'image...").
👉 l'appareil, tout aussi perfectionné qu'il soit, jongle avec des paramètres propres au fabricant (plus ou moins adaptables par l'utilisateur) qui me satisfont ou non. Trop de généralité tue l'originalité. En conséquence j'enregistre l'image en format jpg pour une utilisation rapide et en format brut (raw) pour pouvoir mieux gérer l'ensemble des paramètres.
Fort de tout cela je m'autorise des petits plus mais à peine plus en numérique que ce qu'il était possible de faire en argentique sans trop de compétences (choix de papier à grain, dur ou doux, filtrage, recadrage, redressement).
L'idéal est donc de faire la photo selon ce qu'on peut faire au mieux : cadrage parfois impossible, problème de lumière, objets indésirables, etc. Certains détails se révèlent aussi à la visualisation, 1h ou 3 jours après prise de vue et c'est trop tard pour reprendre, c'est là qu'on s'aperçoit que c'est à la prise de vue qu'il faut au moins maîtriser l'espace (le champ et sa profondeur).
Il n'y a presque qu'un seul paramètre qu'on ne peut pratiquement pas (c'est-à-dire très, très peu) corriger, c'est le flou et il est rarement aisé de le transformer en flou artistique... alors il vaut mieux faire très attention (bougé, luminosité/rapidité, mise au point automatique en suivi, etc.).
Suite à un réglage non annulé, cette photo était très sombre et en plus elle était bougée. J'ai augmenté l'éclairement, renforcé les contraste et saturé un peu les couleurs avec un sérieux recadrage.
Notre oeil voit et nous suivons ce que nous voulons voir, mais l'ensemble, la composition échappe parfois ou souvent (la tête au milieu de l'image avec rien sur toute la moitié haute, tout le monde connaît, et même en regardant la photo on voit la personne mais pas sa mise en valeur, c'est dommage, il aurait suffi de si peu.
Je trouve aussi pratique que dommage l'automatisme des appareils. On ne doit pas croire ces derniers plus forts que nous puisque c'est nous qui composons... pas eux.
Et puis les principes appliqués à la gestion du jpg n'empêchent ni les erreurs de photographie ni surtout ce qui vous amène à déclencher à ce moment-là. Souvent ce qu'on trouvait beau avant le clic à perdu son charme car d'une part l'émotion n'est plus et d'autre part nous mettons en évidence dans notre ressenti ce qui nous touche, ce dont l'objectif n'a cure... il prend tout ce qui entre dans son champ. Ainsi l'environnement apparait là où on l'avait mis de côté, et la photo se retrouve plate, fade, bonne au rebut, difficile ou impossible à sauver.
Et puis même, pour finir, les erreurs ont parfois du bon à être travaillées en post-traitement... tout dépend alors de la créativité.
Allez, c'était juste pour si ça pouvait servir à quelqu'un.