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Plublication originale : 03 / 2013
catégorisée métamorphose, étiquetée

👉 Métamorphose 👈

Publié le Sun, 31 Mar 2013 20:08:51

Métamorphose : voilà un mot bizarre…

 Métamorphose :  nom féminin
  1.     transformation d’une forme en une autre
  2.     transformation du corps de certains animaux au cours de leur développement
  3.     changement complet de l’aspect, de l’état, du caractère d’une personne ou d’une chose

Si l’on s’en tient à la définition on retient le mot transformation. Sous ce mot se cache celui de glissement : glissement d’une forme dans une autre. La troisième définition évoque le terme « changement complet », il semblerait bien que la on s’approche de la réalité même si dans l’apparence il semble qu’il y a eu peu de changement d’une forme à l’autre.

La métamorphose n’est pas cela, elle soutient cela mais tout comme le pied de table n’est pas la table, la métamorphose n’est pas une transformation ! C’est osé de le dire, peut-être, mais j’en suis arrivé là…

La métamorphose entraîne la transformation qui, elle, est un processus biologique édificateur, comme une réponse à une proposition. Elle se situe dans l’instant qui commence la transformation, comme un présent plus présent, une affirmation, une impulsion, le présent temporel mais aussi le présent cadeau, avant qu’on déchire le papier… Le reste est affaire de … transformation.

1) La métamorphose

On peut distinguer 3 types d’évolution :

La métamorphose est le fait qui lance le pas suivant, une impulsion disais-je plus haut mais ce terme est encore trop physique, trop technique et solide  (c’est parce que là on est en prise directe avec le Vivant, les forces, ou les champs, ou les archétypes qui sous-tendent le vivant qu’on a du mal à trouver la formulation exacte, le concept juste).

Une métamorphose est un acte instantané qui s’intègre dans le temps, qui s’insère en lui pour pouvoir créer un espace (nouvelle forme). Dans le temps et l’espace, la métamorphose est suivie d’une expansion doté d’une certaine célérité : la croissance ou la finition, la mise en place.

On peut observer deux niveaux de métamorphose que je décline comme :

La métamorphose est en elle-même l’apport d’une dynamique qui échappe sans doute à la conception que nous avons de l’espace-temps et qui s’appuie sur l’aspect polaire de la dynamique : l’inertie. La dynamique conduit au Vivant, l’inertie au stérile.

Pour comprendre, pensons à la rencontre des gamètes mâle et femelle. Le spermatozoïde par exemple est animé d’une vigueur hyperactive. L’ovocyte, relativement placide, chemine en paix, dans l’attente. Il attend la perforation d’un seul spermatozoïde et se ferme alors à tout autre tentative d’effraction. L’ovule est fécondé à l’instant de la perforation, avant même que les noyaux fusionnent.

On parle alors de changement de polarité de l’enveloppe externe de l’ovocyte. Le premier événement métamorphique est juste là, mais pas dans le changement de polarité : il est dans ce qui cause ce changement. Puis il y aura le second événement métamorphique qui aboutira par la fusion des porteurs de chromosomes à la lancer la multiplication cellulaire [1].

La multiplication se fait à chaque étape-métamorphose suivante : chaque cellule nouvelle se dédouble, puis elle s’étend, stoppe sa croissance et toc, nouveau départ, nouvelle métamorphose. La multiplication cellulaire est ainsi une suite de métamorphose identique, comme des marches que l’on gravit, rien ne croit beaucoup si ce n’est le nombre de cellule, c’est ce que j’appelle les étapes-métamorphoses.

Au bout d’un peu plus de 3 jours,  s’interpose dans le processus un nouvel événement métamorphique. Au stade de 8 cellules indifférenciés succède une nouvelle étape importante, qui conduit l’ovocyte à l’état dit de morula. La cellule mère évolue vers un autre niveau engendrant des cellules autres qu’elle-même : la différenciation s’affirme entre des cellules périphériques et des cellules internes. Il  y a là séparation de fonction :

On pourrait continuer car le sujet est passionnant (voir embryologie humaine via tout moteur de recherche sur le web)… mais là n’est pas directement le sujet.

2) Glissons dans le règne végétal qui se met à nu le principe de la métamorphose

(Pour les origines, voir La Métamorphose des Plantes, JW v. Goethe – depuis ce temps il n’existe à ma connaissance que des écrits s’appuyant directement sur cette base fondamentale).

Voici des développements qui ne font pas intervenir des métamorphoses mais se « contentent  » de développer vers le grand jour ce qui a été impulsé dans le bouton floral :

Tout est prêt et … ça s’ouvre sans effort, enfin sans force musculaire… (bien prendre conscience de l’accélération graphique qui saccade un peu, mais sans qui on ne voit rien sans s’armer de patience… et même chez l’onagre si rapide, le mouvement ne nous apparait presque pas visuellement, il faudrait ... ralentir !).

Par contre en regardant cela (désolé pour pour la « fixité ») : blog plat on se trouve en présence d’une suite d’étapes-métamorphoses qui semble infinie mais qu’un événement métamorphique va stopper avec la génération de l’impulsion tige, métamorphose qui projettera le futur espace floral dans les airs.

En attendant cet événement la plante de cet exemple prend son temps pour établir une base écrasante, étouffante. Chaque nouvel effort vient du bourgeon central (sommital presque sans élévation) qui attend de recevoir l’énergie de pouvoir gagner l’espace aérien. Il est intéressant de noter que les stomates (ouvertures de « l’éponge » à gaz carbonique) sont sous la feuille… on ne peut pas dire que cette plante ait envie de grandir… il lui faut d’abord s’imposer sur ce qui entoure sa racine : ce qui est dessous est littéralement étouffé ; la racine plonge un peu plus dans l’obscurité humide à chaque nouvelle génération de feuille (Vipérine). Dans le cas de notre exemple (plante bisannuelle), l’année suivante sur une base racinaire solide,  le premier événement métamorphique lancera dans la verticale le  nouveau système de feuilles (avec étapes-métamorphoses), l’événement suivant impulsera la formation florale (ici avec série d’étapes-métamorphoses des feuilles jusqu'aux pétales).

Vipérine vulgaire variété wierzbickii
Vipérine vulgaire, variété Wierzbickii

Poursuivons. Comme ci-dessus, l’étape-métamorphose se retrouve aussi dans la croissance de la plupart des tiges à chaque alternance nœud/tige qui répète inlassablement la même feuille, la même séquence, puis tout à coup franchit un nouveau pas sous l’effet d’un événement métamorphique apportant l’impulsion fleur.

[image du séneçon vulgaire d'après Otto Wilhelm Thomé : Flora von Deutschland]
Image du séneçon vulgaire
d'après Otto Wilhelm Thomé (Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz (1885)
Permission granted to use under GFDL by Kurt Stueber. Source:www.biolib.de)

Chez de nombreux fruitiers comme le cerisier, on voit la floraison sans feuille en avril, le cycle est malgré tout le même (feuilles puis fleurs) ; il faut passer l’hiver pour qu’éclate la floraison, en dormance depuis l’été précédent. L’événement métamorphique a généré la fleur en bourgeon et rien ne s’est produit pendant plusieurs mois, pourtant la fleur est prête !

On trouve aussi des suites d’étapes-métamorphoses où chaque étape reçoit une modification de l’impulsion comme dans les feuilles du pissenlit (dent de lion) ou comme ci-contre du séneçon vulgaire :

Les feuilles se sculptent de plus en plus au fur et à mesure qu’on se dirige vers la floraison. La matière semble se retirer à chaque étape pour préparer l’étape qui autorisera la génération d’un nouvel être.

3) On peut aussi regarder les métamorphoses animale et humaine…

Les formes animales coulent-elles l’une dans l’autre, comme le montre le darwinisme, à la mode d’un végétal mais sur plusieurs générations ? Rien n’est moins sûr.

Chez les vertébrés,  la métamorphose est inscrite en un seul lieu et temps, le « reste » est affaire de croissance : elle est spatialement dans le squelette qui contient et assure la forme de l’espèce.

Elle est aussi dans une autre dimension, temporelle cette fois, le temps de la vie  transformant l’espace selon le besoin de l’espèce :

Chez la plante la nature peut générer des redéparts… la fleur donnant naissance à une sorte de nouvelle plante, chez l’humain aussi … les événements de la vie peuvent générer des transformation radicales sinon au niveau osseux où les choses sont relativement fixées, au moins dans les modifications de l’être (ce qui a très peu de chance de pouvoir se produire chez l’animal !).

Chez la plante on peut aussi sauter des étapes : feuille -> feuille plantule avec racines qui tombe et s’ancre sans graine tel le troublant Kalanchoe daigremontania :

[kalankoe pinnata] [Kalankoe daigremontania]

Plutôt que de simplement constater les faits, il importe de décrypter le dynamisme qui permet de passer d’un fait à l’autre, il faut s’appuyer sur l’espace qui existe entre deux images de bande dessiné : là est la pensée de l’auteur, pas dans le dessin avant ou après ni dans les bulles de dialogue… Lorsque la science trouvera accès à la métamorphose, lorsque pointera une science de la métamorphose, alors une vraie science du Vivant pourra commencer à nous parler de lui. C’est en ouvrant « l’instant » de la métamorphose qu’on ouvre la porte du Vivant pour entrer dans sa mesure et sortir de sa seule apparence, et « en même temps » le temps sort de sa condition de dimension secondaire…L’association scIence travaille dans ce sens, et cela directement à partir, non pas du vivant, mais bien du … physique !


Article complémentaire : Trois Jeux de Métamorphose L'autrice, Anna Spampinato, y montre la mare comme un placenta. Original.


NOTES

[1] – Division cellulaire : le terme de division ne parle que de scission (on voit le gâteau qu’on coupe). Je préfère celui de multiplication (où un gâteau devient deux…) plus explicite et réaliste que ceux de segmentation ou clivage scientifiquement adoptés. Ces derniers ne considèrent que de césure, sans doute parce que l’image forte est celle d’une séparation ; c’est ce qu’on retient au lieu d'y voir la fusion avec d'autres au sein d'un ensemble organique.


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