Texte(s) en cours de relecture/correction/réadapatation/(actualisation...)
▲Plublication originale : 03 / 2014
catégorisée environnement + développement, étiquetée culture, cognition, conscience, développement, éthique, humanité, morale, paradigme, progrès, respect, science, société, technoscience
Publié le Sat, 15 Mar 2014 en 2 partie (Environnement I et Environnement II)
Note préambulaire : quelques jours après la publication de cet article, je reçois la lettre de Notre-Plante.info dont un des articles est Vocabulaire officiel de l'environnement (Source : http://www.notre-planete.info/environnement/vocabulaire.php
). Le mot environnement n'y est pas en entrée...Le mot "Environnement" est mis à toutes le sauces depuis l’avènement de l'écologie politique mais comment envisager vraiment sa réalité ?
En-vi-ro-nne-ment... on lira avec intérêt l'article wikipédia sur le sujet mais je propose quand même qu'on essaie de voir la chose autrement.
L'environnement, n'allons pas par 4 chemins pour comprendre de quoi il s'agit, c'est ce qui est autour de .
Autour de quoi ? de chacun, d'une partie, d'un ensemble et même de la planète, voire du Tout ! En ce dernier sens l'environnement lui-même s'entoure de lui-même par essence. Sans lui c'est l'ouverture sur le vide, l'aspiration vers le néant puisque, entend-on encore, la nature a horreur du vide (idée d'Aristote).
Est-ce tout ? Voyons, voyons...
Pour l'heure observons ce qui est autour de ... nous, êtres pensants cherchant la connaissance des choses qui nous entourent !
Qu'est-ce qui est au plus proche de nous ?Malgré ce qu'on voudrait bien imaginer de la nature, il convient de constater que la chose la plus proche de nous, physiquement, environnementalement parlant, c'est-à-dire concrètement, géographiquement, c'est notre propre corporéité : ce qui nous sert de lien avec un "extérieur" et ouvre sur notre conscience sensorielle (basée sur nos sens).
Et juste après, juste au-delà du corps, avant toute ambition d'une intime proximité d'êtres chers (qui peuvent d'ailleurs être proches sans être en contact local), il y a nos vêtements, ou l'air, ou encore l'eau, voire un coin de table, un sable fin ou des galets arrondis (c'est mieux qu'anguleux), de l'herbe, etc. c'est-à-dire : de la matière.
Reconnaissons tout de suite que l'argument cliché énoncé juste un peu plus haut "la nature a horreur du vide" c'est un peu vite dit aujourd'hui. Disons qu'on a pensé qu'elle avait horreur jusqu'à ce qu'on comprenne que l'air c'était du plein compressible... et, là déjà, l'adage a pris du plomb dans l'aile du temps de Torricelli. L’avènement de la physique quantique a sans doute permis de penser qu'on allait une bonne fois pour toutes tordre le cou à cette pseudo vérité en décrétant que dans l'atome lui-même qui forme le plein des choses il y avait plus de vide que de matière stricto-sensu. Cela pourrait même vouloir dire que la matière a l'amour du vide....
Et puis cette même physique pousse le bouchon à dire qu'en fait, et bien, même les particules intraatomiques sont moins que du vent au niveau matériel, tels les photons qui sont non plus les petits grains newtoniens qu'ils étaient encore il n'y a pas si longtemps que cela avant de devenir des ondes particules. On garde le second mot parce qu'on, la physique quantique, a encore du mal à oublier totalement le mot matière qui se cache derrière celui de particule en tant que ... granule unitaire et matériel, un truc en dur comme la poutre que mon front vient de rencontrer : pas si riche de vide que ça ni l'un ni l'autre sinon ils se passeraient au travers sans problème, et moi je serais sans douleur.
Malgré tout, l'idée de matière s'envole petit à petit au profit de la notion de particules élémentaires, photons (qui auraient du me permettre de la voir cette poutre !) et autres quanta d'énergie, énergie particulaire, unitaire, c'est-à-dire subatomiques, particules qui donnent à mes sens l'impression (choquante !) de matérialité, de substantialité impénétrable (surtout dans le cas de la poutre et de mon front). L'atome possède un extérieur qui me fait croire qu'il est un gros dur, qu'il possède une intégrité, qu'il est fondamentalement la complétude ultime.
Mais pour l'intérieur de la matière, c'est une autre histoire que celle de sa grossière apparence extérieure. On connait bien les électrons vagabondeurs qui font l'électricité chez les métaux mais restent fixes chez les non-métaux, enfin fixes.... disons solidement attachés à leurs atomes, disons même plus, atomes prêts à s'acoquiner avec un électron libre qui passerait par là pour parer leur être atomique d'une allure d'ion négatif, un truc qui existe difficilement tout seul dans la nature car il a besoin a proximité, c'est-à-dire dans son ... environnement, d'une sorte de contrepartie ou de répondant sous la forme d'un ion positif.
Et pour que l'atome ou l'ion se tienne il faut qu'en lui agissent des forces car si des électrons jouent la sarabande en un joyeux nuages pour échapper à leur centre protonique et néanmoins attirant, l'aventure plutôt statique de ce dernier lui interdirait de rester lui-même sans l'apport d'un liant capable d'en maintenir plus de 2 ensemble (jusqu'à 92 pour l'uranium). Et ça c'est le rôle des neutrons ! Le + attire le - , mais il repousse le +, comme le - repousse le -...
Un cœur d'atome c'est un paquet de protons et d'un certain nombre de neutrons neutres donc (ni + ni -) qui font ... masse, gangue. Et plus il y a de protons, plus il y a de neutrons ; et comme ils ont de plus en plus à faire pour contenir les forces de répulsion d'un proton vis à vis de ses voisins, ils sont de plus en plus nombreux selon le tableau ci-dessous qui fait apparaître le solde neutrons - protons sur fond blanc :
Les éléments en italique fin et bleuté sont soit synthétiques (issus de nos centrales ou laboratoires) soit exceptionnels quand ce n'est pas strictement à l'état d'une théorique probabilité.
On voit ici que l'hydrogène et son unique proton joue facilement le jeu du centre inerte au potentiel d'attraction si grand sur sa périphérie électriquement polaire, qu'il faut à celle-ci, pour résister à la séduisante fusion charnelle, posséder un mouvement (en gros si la Lune ne tournait pas autour de la Terre, elle lui serait déjà tombée dessus - c'est ainsi qu'en bombardant des protons et des neutrons avec des électrons ... libres, Friedmann a pu montrer que protons et neutrons n'étaient pas élémentaires mais composés).
Rebref... le centre est inerte, et l'environnement actif. Aussi longtemps qu'il peut être actif l'environnement ne cède pas à l'inertie. (Vous voyez, on finit par y arriver à cet environnement ! mais inutile pour l'instant de crier Ouf !)
Seulement voilà, à force de lorgner la matière avec de trop grosses loupes par rapport à ce qui reste d'analogique pour notre perception du réel nous avons réussi à descendre sous le niveau de la matière atomique pour en explorer ce que nous avions déduit de la chimie et de la physique classique. La physique quantique, via le Friedmann cité plus haut et d'autres, a décelé des constituants à l'intérieur-même de ce qui est à l'intérieur de la matière dont nous ne percevons que l'extérieur. Ainsi :
Les quarks sont, eux, des particules élémentaires tout comme l'électron qui est à la périphérie de l'atome et qui est, lui, chargé électriquement (négatif) ; mais l'électron n'est pas un quark, c'est un lepton... (il y en a 6 qui sont connus comme il y a 6 modèles de quarks qui constituent avec eux en fait 12 fermions ).
RereBref... toujours est-il qu'à ce niveau il ne faut plus penser "matière", on est dans un monde de forces, d'interactions naturelles et providentielles qui font qu'on peut compter sur la matière. Ces particules élémentaires sont comme des centres de forces à elles toute seules, sans "matière" pour les transmettre ou les ancrer. [Je ne parlerai pas des bosons car tout cela me donne le tournis ... bref pour en savoir plus rendez-vous sur wiki ou ailleurs, c'est toujours intéressant mais incondensable.]
Ce qu'on voit de nos yeux, ce contre quoi on se cogne, n'est donc que l'environnement électronique, l'extérieur de l'atome qui, répété un grand nombre de fois devant des organes qui n'ont pas un pouvoir de séparation aussi puissant, donnent une impression de surface unie et continue (le cas échéant bien sûr).
C'est là qu'entre en scène un autre aspect : l'onde, sorte de pendant à l'idée matière qui est trop 'dense' et ne permet pas de comprendre certains faits (le débat ondes ou corpuscules fit rage au XIXe siècle avant que la mécanique quantique permette de voir une peu autrement les choses).
Ainsi le photon est devenu la particule quantum d'énergie lumineuse (visible et invisible, des ondes radio aux rayons gamma en passant par cette chose qui nous rend le monde visible et qu'on nomme encore lumière - terme auquel on adjoint un peu trop volontiers le qualificatif de visible ! quand ce n'est pas blanche !!!).
Photon : onde et particule en même temps, mais suffit-il d'entrer dans ces concepts pour se dire qu'on connaît la nature le lumière ?... Pourquoi pas ? mais est-ce suffisant pour la comprendre dans l'environnement généralement inondé de lumière ???
Le photon n'est pas un fermion mais un boson de jauge, autre classe de particules qui regroupe les porteurs d'interactions élémentaires : le photon et le boson porteur de l'interaction électromagnétique (comme le gluon est le porteur de l'interaction forte, et les bosons W et Z ceux de l'interaction faible si j'ai bien compris...).
L'idée d'onde est une chose, celle de force une autre, et les dites particules sont davantage des lieux de forces localisées sans besoin de support (aussi proposerais-je volontiers le mot force particule mais je crains n'avoir pas droit de citer, tant pis je m'exprime quand même !). Toujours est-il que l'intimité de la matière se refusant à nous dans son état direct, comme dans son pur concept d'ailleurs, nous devons pour l'instant l'habiller de représentations qui s'affinent au fil du temps.
Les choses étant posées en ce qui concerne notre environnement matériel, ou du moins l'idée qu'on s'en fait, nous irons plus loin ... la prochaine fois.
Et oui, la matière fait aussi partie de l'environnement... il n'y a pas que les petites fleurs et leurs abeilles.

une pousse de prunier émerge du goudron
L'environnement c'est le cocon dans lequel on se love, on se meut, on se développe, on vit, on meurt,bref, on est. On c'est-à-dire .... tout : depuis cet atome que nous venons de décrire (voir environnement I) jusqu'à l'infini dans les cieux (pourquoi se limiter, le limiter ?!) en passant par l'autre et par nous.
Mais encore une fois : est-ce tout ?
Dans le billet précédent nous avons dressé un premier tableau ; j'ai fait de mon mieux pour résumer ce qu'on croit, ou qu'on pense, enfin ce que pensent certains "on" à propos du pôle sans doute le plus saisissable, le pôle matière, la face visible de l'environnement. Je l'ai fait en tentant, avec les mots adaptés à l'ambiance d'aujourd'hui là où "officiellement" on imagine être par rapport au Réel dans lequel nous baignons.
Le problème de notre science actuelle, s'il en est un, est apparemment de partir du principe alchimique de la table d'émeraude qui dit que : « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. » Et donc la science lit les vastes étendues célestes, là où l'expérience physique ne lui est pas possible, comme elle lit la matière de ce monde sous nos pieds là où elle a su formidablement repousser les limites de sa puissance expérimentales d'investigation dans le physique. Est-ce la bonne solution ?
Cette lecture de la matière du monde, à la recherche de l'architecture de cette matière, cette lecture qui dépouille tout ce qui fait le monde et devrait encore être avec la matière quand on l'étudie, que nous apprendra-t-elle sur nous ? Rien ... Le matérialisme est un réductionnisme, il réduit le monde à sa seule matérialité, ignorant (sans doute involontairement chez les chercheurs) toute l'importance de ne pas prendre seulement les boutons pour comprendre le costume si puissants ses instruments soient-ils à investiguer les boutons.
Une science qui n'apprend rien sur nous en disant qu'elle tient le monde par le bon bout est une science au sens premier de ce mot : "qui se coupe de" (racine skei). Il fallait en passer par là, mais jusqu'où faut-il aller dans la croyance en le pouvoir de la matière ???
L'écologie en tant que science est arrivée avec l’avènement de la science des particules ; puis dans les années 70 elle est devenue le fer de lance d'un combat envers ce qui va contre la nature jusque dans la politique. Le mot environnement a ainsi pu être vulgarisé d'une certaine manière grâce aux différents mouvements écologiques qui naissaient ici ou là par prise de conscience sans qu'il fut nécessaire de faire école, de partir d'un dogme.
Aujourd'hui l'écologie tente de s'imposer car les nécessités deviennent trop évidentes (diminution de la biodiversité, chaos climatique, eau, air, terres agricoles, forêts, ressources animales, droits des animaux, etc...) et relèvent d'un monde qui n'est pas directement et seulement celui de la matière, seulement un monde qui fait avec la matière et les forces (le milieu physique). Et ce monde qui nous impose de reconsidérer les choses c'est le domaine du vivant, pas l'ensemble des espèces, non, c'est le milieu vivant tout comme il existe le milieu abiotique, stérile, inerte: le milieu physique.
Ne sommes-nous pas trop optimistes en pensant que la matière est le seul aspect fondamental du monde qui nous abrite, et que , donc, ce qui est là-haut répondrait forcément aux mêmes lois que ce qu'on peut toucher ?... Pouvons-nous vraiment penser avoir trouvé la clé du monde avec la matière, enfin ce qui se trouve sous la matière ?
En allant à l'intérieur de l'atome on entre dans une sous-nature de même qu'en observant l'atome dans le vivant on entre dans un sous-vivant. L'atome (ou la molécule !) est l'ultime particule de la nature sous son aspect milieu physique, de même que la cellule est l'ultime particule du vivant, de la nature comme milieu vivant. Si cet argument est considéré comme juste alors chacun peut objectivement s'interroger sur la connaissance du monde que nous apporte un science qui cherche les causes ou les outils sous le voile des "apparences".
Mon opinion sur le sujet étant qu'on fait erreur en réduisant tout aux forces du milieu physique, je vais donc devoir tenir compte du milieu vivant pour parler de notre ... environnement.
Il convient bien de se dire que certainement ce qui est en haut est peut-être comme ce qui est en bas puisque c'est un Tout, le Réel, mais à la condition expresse d'avoir fait le tour de ce qui est en bas. Or, c'est loin d'être le cas, et ce le sera encore tant qu'on prendra le vivant comme un assemblage de forces physiques et chimiques comme celles qu'on a su découvrir dans le monde minéral (voir la recette de la soupe primitive, l'expérience de Miller et Urey).
Oui, le vivant est un assemblage reposant en partie sur des forces non pas "physiques" mais ... "du milieu physique", forces doublées de forces issues du milieu vivant (forme, dynamique des substances, etc.), c'est-à-dire au sens premier du mot : de la nature !
Comme le dit Patrick Wattel (ici) « La musique est plus que la somme des pupitres. », c'est de même qu'il faut voir l'environnement. Nous ne sommes pas le fruit d'un assemblage dents, cœur, foie, poumons, cheveux, etc. mais tout cela contribue à notre être, lui apporte qui un outil, qui une force, qui une qualité, etc.. Cet assemblage, notre corps, est l'environnement proche qui est à disposition de notre ego.
La prise de conscience de la notion d'environnement doit nous amener à nous interroger sur la vie, c'est tout ce qu'il faut comme point de départ pour sortir de l'ornière : considérer l'existence de forces de vie.
Et il nous reste un plus long chemin à faire pour nous ouvrir à ces forces que celui qui pourrait nous mener à la 5e force fondamentale qui contiendrait ou résumerait les 4 autres du milieu physique (l'interaction nucléaire forte, l'interaction électromagnétique, l'interaction nucléaire faible et la gravitation). Celle-ci est une sorte de dieu que la physique ambitionne de trouver en suivant son bonhomme de chemin. Mais vues les images qui, bien que rapides et que nous avons eu depuis 1945, juillet, le 16, à 11h29 TU dans le désert d'Alamogordo (Nouveau Mexique - USA), dans la zone dite Jornada del Muerto où explosait la première expérience entérinant le projet Manhattan avec la bombe au plutonium aimablement baptisée "Gadget" qui répéta deux échos de si sinistre et infâme mémoire les 6 et 9 août avec les explosions meurtrières de Little Boy sur Hiroshima et Fat Man sur Nagasaki (je n'invente aucun nom, ils font partie de l'histoire qui germa dans l'esprit d'un grand homme !), vues ces images je doute sincèrement que l'avenir soit rose... ou vert si on compte sur ce genre de force pour nous aider !
La matière est un support, elle ne change rien au monde qui est, ou si peu. Un pan de montagne s'écroule, un volcan se réveille, un océan se fâche contre une centrale nucléaire, tout ceci est conséquences d'activités telluriques qui sont d'ordre métabolique : la planète est dans une sorte de routine qui concerne au plus haut point ce qui se passe à sa surface, sans qu'elle, de son côté, paraisse être concernée par ce qui se passe là, à sa périphérie, dans ce que les humains nomment biosphère et qu'ils remplissent de poisons.
Il y a un bus, un chauffeur, des passagers qui ont une histoire, un but. Tout le monde est concerné par la conduite du chauffeur, lui ne doit pas faire plus que de s'occuper que tout est en ordre dans son véhicule et de se consacrer à la route. L'enthousiasme des joyeux supporters ne doit l'inciter ni à chanter, ni à... valser, il doit même s'en isoler pour la santé de tous.
La matière, c'est notre bus. Le chauffeur, c'est la planète dans son itinéraire céleste, et les passagers c'est nous !
Qui sait si cette cinquième force ne serait pas à chercher ailleurs... dans l'environnement par exemple ?
Jusque là l'environnement est défini géométriquement dans une sorte de transversalité : la biosphère, mince espace de vie entre l'obscurité et la densité terrestre et le froid cosmique insondable baigné de lumière. On s'accorde à y trouver les forces de la matière comme la pesanteur par exemple, soit ! Mais on commence à découvrir des notions comme celle d'équilibre phylogénétique qu'on voit apparaître il me semble dans la théorie relativiste de l’évolution qui se met en place pour répondre aux mystères que soulèvent la théorie darwiniste de l'évolution (je viens de découvrir cela en cherchant si le terme "équilibre phylogénétique" qui me semblait important de noter avait déjà été employé : eh bien oui mais pas forcément dans le sens où je l'aurai souhaité !).
Je ne peux être sans mon environnement, c'est un fait. Mais c'est un fait qui appelle pour moi une question bien moins évidente quant à la réponse qu'on pourrait lui apporter trop vite : mon environnement dépend-il de moi ?
Ma famille ?... oui. Mon jardin ?... Aussi. Mon supermarché ?... Bien sûr. Le paysage ?... Mais oui !!! Les êtres qui vivent dans ce paysage ?... Totalement !
L'action humaine sur la nature est indubitable et atteint même aujourd'hui une situation de crise, de déséquilibre : Notre environnement dépend de nous ! (Serait-il, ou que serait-il sans nous ? Il est certainement prématuré d'envisager des réponses de qualité scientifique mais un jour viendra où le voile se lèvera tout aussi certainement, il faudra sans doute que nous ayons appris à penser autrement... voir mon article "Utilise"-t-on notre cerveau ?
Mais s'il convient de s'interroger sur le rapport environnement / soi (un rapport !) il convient d'approcher la nature d'une autre manière que celle employée jusqu'à présent qui isole le soi dans une sorte de niche inaccessible, invisible pour la seule raison de son immatérialité.
L'écologie est en bonne voie pour nous apprendre à voir les liens entre les êtres et nous devons la développer pour connaître cette notion d'environnement dont il faut encore parfaire la définition.
La tragédie serait de définir la chose à partir des données et notions de la physique alors que c'est à partir de nous qu'il convient d'avancer en premier lieu, seul moyen solide pour dépasser le niveau de l'apparence et accéder à une intériorité. L'impartialité chère si justement à toute démarche scientifique doit parvenir jusqu'à notre penser (en tant qu'activité, pas seulement représentation) dans les choses qui nous concerne.
De plus en plus de personne perçoivent, en toute objectivité, des choses qu'elles ne savent pas mettre en forme ; cela demeure des impressions avant de pouvoir devenir des représentations échangeable avec autrui, et il serait dramatique de figer ses impressions sur les définitions conceptuelles que nous possédons.
L'environnement agit sur nous autrement que par ce qu'on peut résumer à des interactions électromagnétiques, des interactions fortes ou faibles et la gravitation dont nous a déjà parlé la matière. Il faut lâcher ces concepts si on veut vraiment étudier le Vivant !
Dans cette notion d'environnement nous incluons bien volontiers tout l'aspect biotopique qui nous héberge avec ses ressources et ses lacunes. Mais force est de constater que celles-ci dépendent de notre activité : l'humain adapte plus qu'il ne s'adapte ! Il puise aux ressources et les épuise (forêt brésilienne) déstabilisant l'équilibre local ; il apporte des compensations pour ses propres besoins (l'eau en plein désert) créant peut-être des déséquilibres irréversibles (ceci dit on est là très d'une animalité de l'humain, ou alors c'est un animal dont la spécialité est le manque de bon sens qu'il devrait avoir...)
Tout cela résulte généralement d'un manque de perspective : notre prise de conscience forcée par une consommation à outrance aurait dû avoir lieu avant par des considérations plus performantes. Cet enseignement que la nature, l'environnement nous offre en ce moment, en tenons-nous vraiment compte ?
NON !
MAIS ON IGNORE TOUT DE LA RÉACTION, DEMAIN, DE L'ENVIRONNEMENT À CES POISONS (APPAREMMENT) BÉNÉFIQUES À NOTRE INSTANT "T".
Nous n'avons aucun recul au niveau santé quant à la douche crescendo des rayons électromagnétiques, aucun recul au niveau social sur l'utilisation prégnante des écrans comme interlocuteurs privilégiés dans de plus en plus de situation (je préfèrerai faire des conférences que d'écrire tout ceci pour le dire à des âmes ...), on s'habitue à se déresponsabiliser en confiant notre attention à des machines (certes très performantes), etc..
Par exemple, il suffit de regarder l'attitude industrialo-commerciale et celle de la santé publique vis à vis du lait et de son calcium pour comprendre que nos études doivent porter sur des années de consommation, des années de tests en grandeur nature ! 30 ans de recul n'est pas vain... mais peut valoir des tragédies. Il y a celles qui nous sont rapidement perceptibles et qu'on a du mal à enrayer (carbone fossile pas exemple !), mais il y a aussi celle qui vont devoir s'installer sur deux générations au moins pour les réflexes usuels soient oubliés ou abandonnés au profit d'autres sollicitations.
Comment la nature reçoit nos actes, comment les sociétés se conditionnent : voilà des notions d'environnement, non ?
J'ai mentionné plus haut les 4 forces fondamentales du milieu physique. Trois de ces force portent directement en leur nom le mot interaction, il n'y a que gravitation qui échappe à la règle mais qu'on pourrait aussi nommer interaction entre masses ou interaction massique.
Eh bien, l'environnement est aussi une interaction, il n'est pas physique, il n'est pas vivant, il est le lien, l'activateur de la dynamique de relation, donc d'interaction entre le milieu physique et le milieu vivant. Mais pour comprendre ça il faut admettre l'existence à côté du milieu physique d'un milieu vivant...
Ainsi on saisit totalement le fait que mon environnement ne se limite pas à mon voisinage ou mon pays, mais à tout mon espace dans sa transversalité (biosphère) et son extension verticale (Terre et cosmos), et qu'il réside non en un concept spatial mais dans ce qui anime cet espace, ce qui est actif dans les relations, les interactions locales ou globales.
L'environnement ce n'est est un lieu, l'environnement est une dynamique.
Notre conscience évoluée, qui nous fait volontiers passer outre le fameux principe de précaution, devrait nous interpeler quant à l'ignorance dans laquelle nous sommes de ce que signifient les mots environnement et vie. On ne comprend pas, et on s'en cache même peut-être les yeux, les oreilles et le reste pour ne pas vouloir comprendre, au risque de mettre en péril notre société, la société des "sociétés économiques et autres lobbyistes" qui nous donnent du travail pour avoir les moyens de vivre en consommant...
C'est un serpent qui se mord la queue : mais ce serpent ignore (volontairement !) tout de ce qui lui permet d'être et de ce qu'il pourrait en faire en partant à la vraie découverte du monde qui l'héberge (je parle du monde vivant, celui des forces de vie, pas du monde géographique, du minéral, celui des forces de l'inertie !).
L'humain est riche d'une faculté : il peut écouter son être, accueillir ce qui n'est pas lui (environnement) et, ce faisant, agir en conséquence et non seulement subir.
Les forces de vie s'expriment dans l'environnement mais elles sont plus qualitatives que quantitatives. Nos instruments les ignorent donc, car eux sont aveugles à tout ce qui n'est pas nombre ou mesure. Et notre foi en eux se double actuellement de leur puissante faculté à simuler. Se rend-on compte de ce qu'on fait ??? Bientôt, chacun pourra TOUT savoir à partir de son portable, de sa voiture intelligente qui lui annoncera le piéton caché qui risque de surgir, d'une médecine à haut rendement et à la sécurité apparente. L'humain perd la confiance en lui en la remplaçant par celle qu'il peut avoir en la machine.
Et plus cela ira, plus la distance entre nous et le monde deviendra infranchissable. Nous nous coupons du monde, et c'est maintenant qu'on parle d'environnement, un environnement peau de chagrin dans notre conscience et nos actes, on en parle parce qu'on commence à comprendre qu'on en dépend. mais qui donc à oublier ce facteur dans les équations ??? Je me demande ....
On a réduit les forces de la lune à une simple action mécanique sur les masses fluides, a-t-on bien fait ? Les anciens étaient-ils si benêts qu'on veut bien nous le faire croire ? On s'appuiera peut-être dans deux ou trois siècles sur toutes nos stupidités pour faire dérailler nos connaissances de pointe qui auront mené au désastre écologique ! Ne sera-t-il pas trop tard ?
L'environnement, la maison, est à découvrir ; et je souffre qu'on cherche les réponses à la question fondamentale de notre vie dans le fond cosmologique, dans un environnement hors temps et hors espace, et fondamentalement inaccessible à autre chose que la théorie, la façon de voir ! (Personnellement je trouve moins fiable d'abstraire l'idée de l'univers dans le contexte logique, purement déductif, qu'on lui prête que d'approcher la notion du divin qui au moins fait écho en nous directement...)
Publié en fait le 06 mai 2014
Petite aventure : j'ai voulu proposer sur notre-planete.info une redirection vers ma série d'articles sur l'environnement.
On m'a dit, pas de redirection, mais de la substance. Vus les trois textes (quatre dans les faits) je n'ai pas été capable de les résumer en leur gardant l'essentiel dans la démarche. J'ai donc refait un texte d'introduction... qui n'a malheureusement pas séduit davantage car invitant trop à la réflexion par rapport au style d'articles attendu.
Tant pis, le travail a été fait, alors je l'offre ci-dessous (en italique)... et vous invite chaleureusement à découvrir notre-planète.info par ailleurs très bien, sous la tutelle d'un administrateur parfaitement louable.

Prunier ou goudron : Lequel doit s'adapter à l'autre ?
Ne faut-il pas dépasser la notion d'environnement qui, telle qu'elle est prise aujourd’hui, demeure assez floue malgré son apparente évidence ?
C'est un concept qui, presque paradoxalement, centre complètement l'époque actuelle en nous invitant à le prendre plus intimement que simplement "ce qui est autour" (sans frontière !).
L'environnement est pour l'heure, et sans doute dans beaucoup d'esprits (mais pas sur ce site, j'espère), un concept presque plus politique qu'écologique, il ne faut alors pas s'étonner que la prise de conscience de sa réalité sur la base des troubles qui l'agitent ait du mal à passer dans les actes.
On est encore trop tourné vers ce qu'on pense perdre en termes économiques, car cet environnement est recouvert d'une notion plus accessoire que fondamentale.
On a mis longtemps à comprendre l'air car il était inodore et invisible... mais on a fini par comprendre que le vide apparent qui nous englobait n'était pas du vide. On comprendra aussi que l'environnement est plus qu'un concept, que ce n'est pas une simple idée d'écologiste...
Pourtant, c'est bien normal qu'on le prenne ainsi pour un concept dès lors que, pour l'approcher, on ne dépasse pas l'étude du monde purement physique. Et il est grand temps maintenant d'en comprendre non seulement les ressources, mais surtout l'aspect "maison" qu'il recèle. C'est ce que tente de faire l'écologie.
Nous sommes en évolution, en progrès, et notre perception du monde ne doit en aucun cas s'appuyer (seulement) sur ce que nous pensons avoir appris jusque-là.
Les anciens n'avaient pas notre forme d'intelligence (et ils n'étaient sans doute pas moins intelligents !). Le monde qui les hébergeait cadrait pourtant avec leur interprétation (je parle de ceux qui nous ont laissé des traces utilisables pour notre époque et pas de l'impression qu'on se fait de leur époque). Les premiers en la matière, les philosophes s'interrogeaient et déposaient au fil de leurs exercices des définitions, des façons de finaliser non pas les choses mais d'arrêter l'idée qu'ils se faisaient d'elles. Il faut bien une marche où s'appuyer pour tenter d'atteindre la suivante...
En cela rien n'a changé... l'humain est toujours en dialogue avec son monde. Il cherche à se relier avec lui. Depuis peu il fait rencontre avec l’environnement, un environnement dont il est difficile d'être l'hôte et … l'hôte en même temps (ce mot en français décrivant sous forme d'homonymes les deux pôles que sont celui qui accueille et celui qui est accueilli).
Pour parler de quoi que ce soit il vaut mieux s'en abstraire pour l'observer paisiblement, c'est un fait. L'environnement n'échappe pas à la règle mais il nous impose son fait de ne pas nous laisser le choix de nous isoler physiquement de lui... Oui, j'ai bien écrit : physiquement. Le seul être dans les règnes de la nature qui fonde cet environnement jusqu'à lui chercher un sens, l'humain, possède plein pouvoir d'être celui qui accueille et qui est accueilli, qui a la possibilité de voir le dehors depuis son dedans et l'inverse (via sa faculté de représentation, de reformer en images utilisables par la pensée ce qu'il appréhende au risque de s'en faire seulement des idées...). L'humain peut donc s'abstraire de tout, tout en étant partie intégrée.
Ce serait une catastrophe que de figer l'environnement dans une définition étroite car ce serait lui donner des limites et ainsi nous priver d'en élargir le concept.

Tout est question d'équilibre. (D'autres photos comme celle-là dans Blogue-à-Part section litho.)
Dans les chapitres précédents (Environnement I et II), je montre, enfin j'essaie de le faire, que l'environnement est une notion complexe qui dépasse complètement toute notion de spatialité (et encore plus de politique !). Pour cela j'ai invité le lecteur à plonger dans la matérialité (un hors d’œuvre assez lourd à digérer !) qui est l'aspect perceptible de l'environnement, puis à passer par la notion essentielle d'équilibre phylogénétique avant d'arriver à des idées d'harmonie de relation, puis de responsabilité et de conscience en ce qui concerne l'humain.
Je ne partage pas à proprement parler l'environnement avec autrui, autrui est mon environnement, comme je suis le sien. L'environnement au sens spatial ne serait-il pas "juste" l'espace de relation et de respect d'autrui ?
Nous ne sommes pas le fruit d'un assemblage cœur, foie, poumon, cheveux, etc. mais tout cela contribue à notre être. Cet assemblage, notre corps, est l'environnement proche qui est à disposition de notre ego. Comme le dit Patrick Wattel (ici) « La musique est plus que la somme des pupitres. », c'est de même qu'il faut voir l'environnement.
Tout ça pour ça...
Bonjour,
la COP 21 approche à grand pas, mais comment définit-on la notion d'environnement ?
Après tout, l'environnement sera au cœur de cette conférence de Paris, mais ne serait-ce que par la définition du Larousse, on voit combien on est limité à une subtilité relativement grossière.
On lit que l'environnement est « l'ensemble des éléments (biotiques ou abiotiques) qui entourent un individu ou une espèce et dont certains contribuent directement à subvenir à ses besoins.
Mais l'environnement est loin d'être un paquet d'entités (et on oublie même les notions de force et de phénomène dans cette définition !!!)... L'environnement est LA relation entre ces entités, il en est la cohérence ; et dans la définition du Larousse le mot le plus important est bien le premier : ENSEMBLE
Même si je pense qu'elles sont bien trop limitative à un domaine très particulier, restrictif et réducteur de la science contemporaine, je ferai ici mienne les paroles du professeur Marc Henry : « En physique quantique, il n'y a qu'une seule chose à retenir : la réalité de ce que l'on observe se trouve dans les interactions et non pas dans les objets. »
Derrière ce mot, ensemble, vivent ceux de cohésion, d'harmonie. Mais si ce sont les éléments qu'on regarde comme des entités majeures, alors on court à la catastrophe. Pourquoi ? mais tout simplement parce que l'élément maître dans l'histoire du dérèglement qu'on devrait qualifier d'environnemental, c'est l'humain, celui qui peut transformer son cadre de vie par l'épuisement des ressources lié à une augmentation permanente de la demande, c'est l'humain qui est à la fois dans et hors de l'environnement (ne serait-ce que par l'impossibilité pour un (autre ?) animal même parmi ceux qu'on qualifie de supérieurs de s'abstraire de cet environnement pour l'observer sans parti pris).