Texte(s) en cours de relecture/correction/réadapatation/(actualisation...)
▲Plublication originale : 02 / 2016
catégorisée paradigme + méthode scientifique, étiquetée technoscience, vivant
Publié le Sun, 21 Feb 2016 08:38:39 +0000
Depuis Galilée la méthode scientifique a évolué fondamentalement vers un détachement de ce que nous pourrions appeler le Réel. Le perfectionnement des outils d'observation en lieu et place de nos sens en a été le véritable moteur.
Pourtant la démarche elle-même, même si elle est légèrement infléchie par certains travaux actuels, est restée la même : miser sur la neutralité de l'observateur, et déléguer l'impartialité à des appareils conçus dans un but unique, spécialisés et donc réducteurs à la qualité qui est la leur (quid de l'ensemble des qualités à prendre en considération dans l'étude d'un phénomène ?).
En même temps, les humains ont appris à se séparer en beaucoup d'endroits qui sont sous tutelles de la technologie : les réseaux sociaux autorisés par l'internet en sont la preuve non pas vivante mais affligeante et désespérante. Avant, on lisait les grands penseurs, les chroniqueurs, les artistes, enfin ceux qui avaient la science pour écrire, traduire des choses qu'ils pouvaient cultiver dans leur conscience à partir d'une philosophie du bon, de la vérité des faits ou de leur imagination pour sensibiliser à la beauté. Aujourd'hui chacun peut jouer ce rôle de grand auteur et tout le monde déverse sa verve plus ou moins élégante en un grand pot-pourris de (in)culture. La pensée aphoristique exprimée dans les réseaux sociaux est même généralement colportée sans avoir été mise à l'épreuve dans sa propre paix intérieure : ce sont souvent les tripes qui s'expriment avec leur potentiel impulsif, mais parfois aussi un cœur qui s'éveille à sa capacité de ressentir, entre pensée et action. Face aux réseaux dits sociaux qui rassemblent les masses en des communautés virtuelles généralement insipides, on a le monde productif qui ne sait plus quoi faire des gens à cause des gains de productivité, par exemple les exploitants laitiers industriels en sont à 1 000 000 de litres de lait par an et par employé !
[Mais ce sont les vaches qui produisent le lait, pas l'employé, et encore moins l'actionnaire en lui ou son patron. On est juste dans un monde du nombre : un employé peut gérer son lot de 120 prim'Holstein seulement, capables chacune de produire 28 litres de lait par jour pendant 10 mois, en stabulation entravée et sur claies, alimentées par chaînes automatiques apportant de la nourriture industrialisée et équilibrée, élaborée sur la base d'une agriculture intensive extraterritoriale !...]
Le monde devrait marcher au rythme du vivant, des êtres vivants, de la vie.
Mais on a trouvé le truc : concentrer le vivant et rationaliser les tâches nécessitées par les conséquences indésirables de la vie...
En fait, on aura beau trouver des astuces techniques, fruits de recherches pointues, on aura beau déformer la vache à l'image de ce qu'on imagine d'elle (elle fait trop de viande, pas assez de lait, elle pousse des cornes inutiles, elle évacue trop de méthane dans ses flatulences, …), aura-t-on avancé d'un iota sur la connaissance du vivant ? De cela naîtra-t-il un progrès pour l'humanité ?... Non ! Le monde, dont l'humain, doit aller avec les impératifs de sa part vivante. Grâce aux médias en temps réel, la science doit suivre le mouvement : elle produit de plus en plus, et les effets d'annonces sur le public, et même en son sein, sont essentiellement maintenant ceux qui ne concernent finalement qu'un nombre très réduit de personnes, et encore surtout par propre intérêt "culturel" car guère utile à l'évolution sociale (dernière annonce en date : « les ondes gravitationnelles » : Einstein avait (encore) raison ! (titre Europe 1). Je m'interroge souvent sur ce qui sort à destination des populations à partir de ces grandes recherches... La science est surtout devenue technique, c'est la technique qui ouvre les portes, mais seulement si les portes sont techniques, les portes purement physiques... et en poussant la vie dans ses retranchements la science soulève un à un les voiles du vivant avec des leviers techniques sans découvrir la vie (c'est ainsi...), tout comme elle s'obstine à regarder le cerveau pour finir par dire : il n'y a pas d'être dans cette viande ! Et ce n'est pas tout, la technoscience creuse aussi le gouffre entre les gens (entre ceux qui peuvent s'offrir ses fruits et ceux qui ne le peuvent pas) séparant ainsi le vivant en des "espèces" qu'elles ne maîtrisent pas du tout. La technoscience donne à croire qu'elle pourra tirer les ficelles du vivant ... oui sans doute mais dans quel sens ? Et qu'appelle-t-elle le vivant ? [Monsanto & Co : nourrir toute l'humanité... au prix de la destruction des potentiels de ressources (uniformisation de la diversité, minéralisation-stérilisation des sols, pollution des eaux, etc.) et des consommateurs !]
La "courbe" identifiée N devrait être la norme dans cette expérience (jeu de 5 capteurs sensibles, avec 1 témoin (N)).[/caption]
Considérer le vivant, non en tant que les espèces qui le composent mais en tant que milieu, c'est s'ouvrir à un monde de forces actives quand le physique est le monde des forces passives : Il est aisé de faire faire des pirouettes à un ours en peluche, bien moins avec un ours agité (ou endormi), mis en action (même inactive) par sa vie.
Derrière la matière il y a l'inerte, derrière le vivant il y a l'activité.
Le vivant sollicite sans arrêt l'inerte et quand il arrête sa sollicitation l'inerte revient à... son inertie. La poussière retourne à la poussière mais entre temps elle a échappé à l'emprise des forces propres de la poussière, elle a été portée, entourée, conditionnée par d'autres forces pour former un corps habité par un être pour s'ouvrir à d'autres forces encore (celles de la lumière / chaleur au niveau physique par exemple pour le végétal mais aussi celle de la mise en forme d'espèce au niveau du milieu vivant en général, celles par exemple de la sensibilité pour l'animal, celles par autre exemple de la volonté individuelle pour l'humain).
Changer de paradigme, ce n'est pas changer la manière de faire avec ce qu'on croit savoir pour le restructurer, c'est s'ouvrir à un côté du monde qu'on n'a encore pas exploré, avec un mode de pensée qu'on a encore pas sollicité.
Changer de paradigme, c'est faire autrement que ce qui a été fait jusque-là !
Bien à vous et à une prochaine fois.
Il est difficile de se dire que ces 4 capteurs* qui sont censés parler le même langage (s'appuyer sur la même ''cause'') expriment la même chose mais à partir de points de vue différents du fait de leur constitution. * les courbes bleu cyan et violet rouge sont issues d'un même capteur en lecture directe (violet rouge) avant un amplificateur électronique, et après l'amplificateur (bleu cyan).