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Plublication originale : 01 / 2017
catégorisée Anthropologie + Cerveau, étiquetée homme-machine, mémoire, disque dur, information
👉 Cervo... Disquo... et infos 👈
Publié en 2 parties le 14 Jan 2017
Cervo... Disquo... et infos (1/2)
J'ai reçu ce message dans un de ces courriels qui passent de boite en boite :
J'en ai trouvé la source sur le Huffington Post du 29 janv. 2014 [2].Si le cerveau des personnes âgées est lent, c'est parce qu'ils savent déjà tellement de choses.
La mémoire des gens ne diminue pas avec l'âge, si cela leur prend plus de temps à se rappeler des faits, c'est, d'après les scientifiques, parce qu'ils ont plus d'informations dans leur cerveau. Tout comme un ordinateur rame quand le disque dur est trop plein, les humains prennent plus de temps pour accéder aux informations lorsque leur cerveau est plein. ... [suite en note 1]
J'ajoute volontiers l'extrait suivant tiré du dernier paragraphe de Molécule la merveilleuse, un ouvrage de Lionel Salem, 1979, Inter Editions) découvert exactement le même jour :
La vie est l’œuvre d'une infinité de molécules. Et quand bien même certains gestes — le tir d'un footballeur, le baiser d'une mère à son fils — sauront toujours nous émouvoir de façon unique, peut-être sourirons-nous désormais intérieurement, avec quelque complicité, en pensant à toutes celles qui sont responsables de ces gestes.
La mécanique du corps
Cela fait longtemps que je relève de tels propos qu'entraînent nos prouesses technologiques. En gros :
je fais une machine et comme je trouve que mon corps fonctionne de la même manière alors j'en déduis que le corps est une machine !!!
Je n'invente rien ; c'est ce qui "nous" arrive tous les jours et qu'on nous serine 24h/24 comme un dogme ou une doctrine, il suffit d'allumer la radio, de suivre une émission sur les merveilles du vivant, ou de lire un journal, voire d'aller à l'école, au collège, au lycée et à l'université, et même avec les collègues de travail, etc.. Humain, animaux et plantes, mycètes, bactéries, archées et autres protistes : tout serait machinerie moléculaire !!!
Avant notre ère technique, c'est-à-dire en gros il y a 150 ans, il ne serait venue à personne l'idée que le corps, ou un être vivant, puisse être considéré comme une machine, on disait naïvement que la vie venait de Dieu sans trop savoir ce qu'on pouvait mettre derrière ce mot qui se suffisait à lui-même. Aujourd'hui l'auguste et omnipotent "Personnage" a été déchu de sa fonction, dégradé au rang d’idole pratique pour certains ou d’idole malfaisante pour d'autres qui se rengorgent des horreurs qu'on peut faire en son nom !
Il ne s'agit pas ici de reprendre notre dernier billet mais de voir s'il est "logique" de considérer la machine corporelle avec sa pompe, son disque dur, son usine chimique et sa centrale énergétique.

Un cliché issu de Star Wars. La machine parodie l'humain en toute excellence, mais l'humain, jusque dans son corps, manifeste l'émotion de son être (ici de l'angoisse).
La naïveté déiste a été remplacée par de la naïveté techniste, c'est tout. La vie ne nous intéresse toujours pas en tant que telle au niveau scientifique. On la décode jusqu'à son ultime support (ADN, qui n'est qu'une brique du vivant au même titre que la protéine qui en est chargée) sans se préoccuper une seconde du fait que la cellule est l'ultime atome du vivant. En dessous de la cellule, quand on considère ce qui ma constitue, on n'est plus dans le vivant, mais dans le chimique, le physique, en gros, le stérile.
Pareillement cet atome du vivant qu'est la cellule n'est pas forcément autonome en tant que partie d'un tout qui possède une certaine autonomie.
Le geste du footballeur ne dépend pas des molécules qui sont au sein des protéines qui sont au sein des muscles qui sont au sein du corps qu'habite ce footballeur qui décide de réaliser un geste à travers son corps en utilisant ses muscles formés de cellules particulières issues des mêmes cellules souches que celles de ses os ou de ses nerfs voire de ses cristallins, etc... qui abritent des macromolécules protéiques... qui ne sont au final que des macromolécules travaillées par le vivant de l'être autonome pour assumer une tâche précise au sein du tout corporel !
Si l'on met ensemble une vingtaine d'instrumentistes, chacun avec son morceau de virtuosité pour son instrument, si beau que soit chaque morceau et qu'on ait bien choisi les tonalités, je ne suis pas sûr que le résultat soit heureux... Il faut une œuvre commune, même si on tente de se passer du chef d'orchestre (ce qui a 20 représente(rait) déjà un bon tour de force).
Bichat nous disait en sont temps « la vie est l'ensemble des fonctions qui luttent contre la mort » et Edgar Morin rajoute « … en s'aidant en même temps de la mort. » [E. Morin, La voie, éd. Fayard 2011] alors que nous devrions nous dire que la vie cadre et contrôle l'ensemble des forces qui détrônent la mort de son emprise.
La mort n'est pas active ! C'est la vie qui l'est. Sans la vie, l'inerte demeure inerte, et il n'a aucune raison de sortir de son inertie ! La vie est ailleurs que dans la matière et ses relations internes possibles. La vie saisit la matière, c'est un postulat gratuit diront certains, c'est simplement celui que je choisis pour comprendre un peu du vivant.
La matière est asservie au vivant dans les corps éponymes... pas l'inverse.
Ne craignant pas trop de me répéter, je brandis volontiers l'étendard levé par Michel Henri dans La Barbarie, un livre qui n'offre pas grand chose de séduisant dans un monde préférant la technique à la vie et en lui accordant de plus en plus sa confiance, une confiance certainement un peu trop aveugle. Ce philosophe nous a mis en garde en 1987 avant de maintenir son propos en 2001 pour la seconde réédition de La Barbarie :
« En dépit des progrès merveilleux de la Science ou plutôt à cause d'eux, on en sait de moins en moins sur la vie. »
La mémoire et l'être
Tout cela est bien beau, mais revenons au sujet du cerveau disque dur plein des personnes âgées.
Évidemment nous avons une masse nerveuse limitée à un certain volume, une certaine quantité de matière susceptible de stocker de l'information : voilà ici un aspect bien mécanique (on devrait plutôt dire informatique ici).
Faisons une expérience : parlons avec une personne âgée qui a utilisé son cerveau toute sa vie avec plus ou moins de dynamisme et qui en dispose encore. Vous constatez le ralentissement, les trous de mémoires (douloureux), le tourne en rond sur une idée fixe, bien sûr, mais ce qui devrait retenir notre attention, c'est l'impuissance manifeste à ne pas retrouver ce qu'on veut dire. La chose est là mais transparente, on voit que la personne la sent, mais la chose échappe, la personne n'arrive pas à la saisir.
La chose ne s'échappe pourtant point, on perd les moyens de la stabiliser. Ce qui manque de plus en plus avec l'âge c'est la spontanéité, l'instant présent, la localisation temporelle. Le temps se floute, on finit par vivre dans des souvenirs qu'on est de plus en plus impuissant à rapporter. Les souvenirs sont là, on se rappelle avoir fait ça ou ça, mais cela devient imprécis jusqu'à l'absence complète qui présente un souvenir dans une transparence totale, un souvenir qui n'offre plus de matière à saisir, plus de point d'ancrage, qui échappe comme un savon mouillé à celui qui veut le saisir mais manque de doigté.
Portons un peu d'attention à ce que nous mettons en œuvre quand nous avons besoin de faire appel à la mémoire et que, l'âge aidant déjà un peu, la spontanéité collabore moins avec la vivacité. Qui peut dire qu'il cherche dans son cerveau, dans la matière de son cerveau, dans sa masse cervicale ? On met en œuvre notre activité qui de fait est centrée sur la tête, est mobilisée à partir de la tête, mais pour fouiller un espace non localisé, dans la tête éventuellement mais bien plus vaste que la boite crânienne, une sorte d'espace négatif ou le petit contenant ouvre sur un monde gigantesque.
Métaphoriquement parlant on mémorise en passant par la tête et ensuite on n'a plus à s'en occuper : On met dans une chaussette... et on retourne la chaussette !
Alors plus on a de connaissance, plus cet espace est évidemment riche, mais ce n'est pas cela qui ralentit l'hypothétique machine dans sa pseudo indexation du contenu mémorisé.
En vieillissant (ou pas...) l'image globale est toujours là mais elle nous échappe dans certaines zones ; cela veut dire qu'on sait moins comment voyager en elles.
Cette image, le paysage de nos actes, est ténue pour ce qui a été appris sans avoir eu à créer des liens, mais lumineuse pour tout ce à quoi l'expérience, la pratique, l'investissement, autrement dit des actions, nous a permis de nous lier. Dans la force de l'âge, on navigue assez bien dans notre image qui est encore elle-même très mobile et ... vivante.
Mais si vous êtes en relation avec une personne sénile capable de rire du jeu de mot, il y a de forte chance qu'elle soit totalement incapable de parler de quoi que ce soit. Par ailleurs il y a de fortes chances qu'elle ne maîtrise plus non plus ses mouvements corporels.
Je vis cela chaque semaine avec une personne que j'ai commencé à suivre il y a 4 ans maintenant : au début nous faisions régulièrement du ski de fond ou de la montagne et entretenions des échanges, et maintenant ce monsieur n'embrasse plus le monde, il ne voit pas plus loin que le bout de son nez et, bien que chercheur au CERN toute sa vie, montagnard aguerri, il n'a plus rien de tout cela à quoi se rattacher. Son être conscient se rabougrit à l'espace corporel, pas le corps car il ne maîtrise plus grand chose, mais l'espace proche : comment porter sa fourchette jusqu'à sa bouche lui demande une maîtrise épuisante.
Le corps ne se trouve plus dans son environnement, la conscience non plus. Mais sa chaleur humaine réagit encore. J'entretiens de longs monologues avec lui... Il suit ! En lecture, il aime la poésie mais la prose l'endort... et il n'a que faire des affaires du monde (l'actualité).
L'espace négatif lié au cerveau dans lequel vibre notre mémoire, et peut-être une part de mémoire atavique, n'est plus accessible chez lui. C'est trop grand ! Il m'a montré cela le jour où, ayant gravi le Petit Mont Rond au-dessus du bassin de Genève, il a été terrorisé par l'espace ouvert alors que devant nous il y avait un replat d'environ 150 m avant de plonger vers le bassin de Genève ; le lieu était sécurisant mais l'espace, trop grand, est tout à coup devenu aspirant pour lui qui avait connu pourtant les hautes-montagnes vertigineuses et les vertiges intellectuels.
Ce jour, je n'ai compris cela que plus tard, ce monsieur a perçu que son être se perdait dans l'espace (n'est-on pas finalement dans tout ce que nos sens englobent ?...). Aujourd'hui, un simple changement de couleur dans le goudron lui rend l'équilibre chancelant et nous devons changer de passage, changer d'idée... mais je continue à lui parler de physique et cela le motive, c'est-à-dire que cela l'aide à se rattacher à ce qu'il a fait toute sa vie, nous avons ainsi refait le modèle atomique....
Notre mémoire peut largement dépasser ce qu'offre le nombre de possibilités neuronales, elle n'est pas un mécanisme, pas plus que tout organe ou organisme !
Dans la seconde partie de ce thème nous allons traiter de l'information.Conclusion intermédiaire ... et facétieuse !
"Si le poulet court quand on lui a coupé la tête c'est parce que la tête, programmée pour la recherche du corps, l'appelle".
Jean-Inuit Bichat, entretien de 14h37 le 31/09 à Santa Clara (Estrémadure, Hong-Kong, au sud-ouest d'Hiroshima) [3]
NOTES
1:Les chercheurs disent que ce processus de ralentissement n’est pas le même que le déclin cognitif.
Le cerveau humain fonctionne plus lentement à l’âge avancé, a déclaré le Dr Michael Ramscar, seulement parce que nous avons stocké plus d'informations au fil du temps.
Le cerveau des personnes âgées n'est pas faible, bien au contraire, ils en savent tout simplement plus...
Lorsqu'une personne âgée va dans une autre pièce pour y chercher quelque chose, qu'elle y arrive et se demande ce qu'elle est venue chercher, ce n’est pas un problème de mémoire, c’est un moyen naturel pour l'obliger à faire plus d'exercice.
ALORS, maintenant, quand je cherche un mot ou un nom, je me dis: "Mon disque est plein!"
J'ai probablement d'autres amis à qui je devrais envoyer ce message, mais en ce moment je ne me souviens pas de leurs noms. Aussi, s'il-vous-plaît, faites-le suivre à vos amis, il se pourrait qu'ils soient aussi les miens ... [retour texte] 2 : Le lien s'ouvre dans un nouvel onglet (ou une nouvelle fenêtre...) [retour texte]. 3 : On ne souffre jamais d'avoir des sources hyper précises pour justifier et appuyer ses propos et valider leur vérité... [retour texte].
Première partie : La mécanique du corps, La mémoire et l'être
Cervo... Disquo... et informations (2/2)
Depuis l’avènement des octets on assiste à une émergence volcanique du terme information. On stocke de l'information, on gère de l'information, l'information nous fait vivre, elle est partout présente, dans chaque atome, dans tout l'univers. Soit, c'est un point de vue qui peut se défendre.
Un exemple du point de vue de la vie : le sommeil
Prenons un exemple: mon corps fatigue, des informations circulent me dit-on comme autant de signaux d'alerte, de bip bip qui annoncent qu'il est temps de lâcher ce qu'on fait pour aller dormir. Je va donc décider d'aller se coucher.
Pourquoi ? Mais parce que mon corps réclame son dû.
J'a pris conscience de ses relâchements, de ses yeux qui se ferment, etc. et peut-être aussi de sa conscience qui tourne en rond depuis un moment parce que je n'arrive plus à la solliciter...
En fait la partie corporelle de je réclame surtout que je lui fiche la paix, elle veut pouvoir faire son boulot sans entrave, car elle, elle n'est pas fatiguée, elle doit continuer à utiliser ses ressources TOUT le temps que je est vivant pour faire en sorte d'avoir à se mettre en retrait quand je sera à l’œuvre dans le monde, pour elle, pour lui, pour les autres, etc..
Le corps a des cycles à respecter et il devient lourd à mobiliser pour une conscience qui voudrait encore compter sur lui... car la conscience, elle, ne dort pas non plus. Quand je sombre ans l'inconscience, je change de niveau, c'est tout, je fait confiance à son corps pour lui-même et je n'a plus besoin de ses facultés, entre autres de son cerveau qui lui sert à bien des choses ; je fait aussi confiance à sa conscience pour elle-même afin qu'elle le garde en alerte (crampe, odeur, bruit, lumière, etc.)
Quand je dort, son corps ne compte pas sur lui, mais je compte sur lui pendant que j'a autre chose à faire. Qu'a-je donc à faire quand je dors ? Je, pas mon corps, je, moi, toi, vous ?
Car indubitablement, quand nous dormons, nous faisons quelque chose : nous dormons ! Voilà une activité assez sereine.... Nous dormons c'est-à-dire que pendant que notre corps se ré-harmonise de tout ce que nous avons pu faire de notre journée, nous, en tant que moi, nous ne disparaissons pas pour autant, nous ne nous évaporons pas, nous sommes encore actif dans le fait de dormir.
La preuve s'il en faut une : nous ne faisons pas que dormir, nous rêvons aussi, à hier, peut-être même à demain, à n'importe quoi si notre corps nous appelle trop : fais attention, tu as la couverture sur le nez, tu as trop chaud, ton estomac ne va pas, etc... (tout cela c'est notre corps qui le dit à ce que nous avons laissé de nous ancré en lui). Nous rêvons dans notre partie conscience, toujours un peu à l'affût, mais discrètement.
Le sommeil est donc une étape de notre activité où la conscience laisse le corps à ses propres affaires et où le corps évite de solliciter la conscience. Mais JE, il fait quoi, lui pendant que son corps se refait sans lui, et que l'âme ne donne pas de signes de conscience autres que vagues, bizarres, curieux, fadas, cauchemardesques, sensuels, etc., etc. ?
En tant que professionnel torturé par un problème il arrive souvent que le soir nous n'ayons pas de solution pour le lendemain, et ne pas dormir n'est pas la solution. Il faut d'une part lâcher prise et d'autre part partir avec sa problématique mais sur un autre niveau de conscience, un niveau de conscience où le JE est actif, mais plus le corps, un niveau de conscience où le JE ne sollicite plus le cerveau, où plus rien de physique n'entrave son activité.
Et au réveil : l'inspiration est là, on sait ce qu'on va faire. Ou alors un truc nous trotte dans la tête, une sorte d'image, un zeste de rêve, ça c'est une imagination qui trouvera peut-être écho dans une activité. Ou encore dans la journée on va recevoir un signe, un mot, un geste, un article et là cela fera tilt en nous : c'est ça ! et on va agir (ceci, cela s'appelle de l'intuition). Sans le sommeil on continuerait à buter sur notre problème qu'une logique froidement cervicale est ou aurait été impuissante à régler.
La pensée logique a besoin d'un plus dont elle ne dispose pas et auquel quoi qu'on fasse on n'a pas accès dans la pleine conscience, du moins sans avoir travaillé sur soi pour élargir son champ de conscience : le sommeil est alors souvent un bon complément.... Le JE peut fournir la solution au petit matin ou dans la journée, solution qu'il est allé chercher pendant le sommeil du gaillard, c'est-à-dire pendant que le corps s'occuper de lui sans trop s'inquiéter de conscience du JE qu'il sert dans la veille.
L'information dans le cadre du vivant et de la mémoire
L'exemple ci-avant choisi de manière non anodine devrait normalement nous interroger quant à ce terme d'information qui serait censée tout gérer.
L'information est une sorte de commande ou de mémoire d'un système mécanique, informatique, c'est-à-dire technique : à 8h32 le réveil doit sonner ! On prévoit, on anticipe, on règle... et on est saisi par la stridulation dans une phase plus ou moins quelconque de notre sommeil.
Cela fait plus de 7 ans [en 2017] que je me fais confiance et n'utilise plus de réveil (il est là pour l'heure, mais rien n'est mis en place, aucun filet de secours au cas où je ne me réveillerais pas)... et en principe je dors tout mon saoul en me réveillant frais et dispo en quelques minutes quand c'est nécessaire. En plus de 7 ans, j'ai raté l'heure une seule fois, de quinze minutes, et là ce fut dur... je ne suis pas habitué !
Pourquoi je raconte cela ? Pour dire que l'information c'est moi qui choisit de la mettre en œuvre, soit en la déléguant au réveil, soit en me faisant confiance ; et bien évidemment ces deux aspects ne sont pas équivalents, n'ont pas la même importance pour ma vie.
- D'une part je souhaite avoir une info : oh oh, c'est l'heure, t'es peut-être encore fatigué mais il faut te lever. Le réveil sonne car il obéit à un mécanisme fut-il électronique. Je n'est pas concerné autrement que par une impulsion extérieur à lui.
- D'autre part, je maîtrise en partie mon sommeil. Je réactive une conscience directe et j'ai reposé mon corps à la mesure de son besoin et aussi de mon impératif, et je ne me réveille pas s'il n'y a pas d'harmonie entre le besoin et l'impératif.
Mais JE, ce n'est pas mon corps doué d'une faculté de (in)conscience [1] quand il veut, JE c'est ce qui habite mon corps et ma (in)conscience, qui les habite et les maîtrise autant que faire il peut.
Quand on parle d'information pour ceci ou pour cela, il faut un support. Le JE n'a besoin de support que comme outil, il utilise pour cela le corps et la (in)conscience.
L'information, soit-elle cosmique, implique en arrière-plan un support et on lui attribue volontiers des qualités quantiques à défaut de concept dématérialisé.
Un concept dématérialisé est un concept... un concept matérialisé est une définition. Un état quantique susceptible de porter une information est une définition. La définition éradique tout espace de créativité, tout acte créatif ou créateur.
Il se peut que je me trompe... ou que je réduise l'idée d'information à ce qu'elle n'est pas, dans ce cas je me corrigerai de moi-même grâce à de nouvelles... informations, ou peut-être réflexions ! Mais ramener le monde à un flux d'information c'est pour moi lui ôter tout raison d'être, et cela je ne peux m'y résoudre.
Ramener le monde à un flux d'informations c'est le réduire au rang de machineries qui n'auraient aucune raison de fonctionner, au rang des machines que nous fabriquons à partir du monde physique car nous sommes incapables de faire des outils (?), des choses qui fonctionneraient (auraient une fonction) à partir du milieu vivant car nous ignorons tout de ce milieu vivant que nous expérimentons pourtant au quotidien.
Toute personne qui s'observe sans idée reçue doit pouvoir faire grandir en elle son être. Toute définition met une limite, réduit le champ d'investigation. C'est possible d'y faire appel mais en sachant que l'habit ne fait pas le moine...
Le sujet n'est pas épuisé, sera-t-il d'ailleurs épuisable un jour, mais suffisamment d'éléments ont été apportés pour la réflexion : nous ne sommes pas des machines, l'information n'est pas la base du monde formé.
“L'important n'est pas de convaincre, mais de donner à réfléchir.”
Bernard WERBER
NOTE
1 Le mot âme est celui qui conviendrait le mieux car plus large et plus ouvert que celui de conscience. Mais il est trop connoté et souvent mal connoté ou mal défini. [retour texte]
3 : Subitement j'ai un doute sur la source... Bichat n'est pas allé à Santa Clara. Mais cette pensée dacquienne (qu'on ne retrouve pas dans l'os à moelle de 22h37 mérite tout de même d'être méditée... [excusez-moi, mais dérailler parfois un peu fait du bien...] [retour texte