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Plublication originale : 11 / 2022
catégorisée Enseignement + physique-chimie, étiquetée science, genre

👉 "Physique Chimie" 👈

Publié le 01-11-2022

Deux en un ?...

Présentation

Collège ou lycée : on parle du cours de Physique Chimie, voire de Physique-Chimie (avec tiret d'union) !...

Je ne sais pas pour vous, mais chez moi ça fait bizarre. Pourquoi pas Physique Chimie Biologie ou Physique Chimie Astronomie voire Physique Chimie Histoire Paléontologie ? On peut délirer sur le sujet avec par exemple un cours de sciences - expression française, ou tout autre composition de matières, qui aurait lui aussi une place maîtresse jusque dans nos universités.

La physique vampiriserait-elle tout... puisque, la matière étant quantique, ce sont les relations quantiques qui gèrent la chimie à ce qu'on nous explique ? Donc je devrais m'estimer heureux qu'on mentionne encore le mot Chimie à côté de Physique.

Je me souviens qu'au lycée où j'étais en "E" un bac maths et techniques, on n'avait même pas de cours "Mathématiques-Techniques"... pfff ! Et parfois le mot biologie venait résonner à mes oreilles à défaut de raisonner plus profondément, et 'nous' avions ce sentiment obscur que la biolo était d'un cran inférieur aux maths (rang1), à la physique (rang2) et même à la chimie (rang3). Personne ne nous expliquait cela mais c'était le sentiment que j'avais à partir du discours qu'on me produisait étayé par les échanges entre étudiants. Ceux qui faisaient de la biolo étaient ceux qui n'avaient pas le niveau suffisant pour faire des ... maths. C'était idiot bien sûr (quand on veut être stupide, il n'y a pas d'effort à faire…), et je ne m'apercevais pas vraiment que si j'étais en E c'était probablement parce que mon niveau n'était pas terrible (enfin, surtout mon investissement et mon intérêt...) sinon j'aurais été en C, le bac noble de l'époque !... Bref.

Aujourd'hui, il existe un cours de Physique-Chimie, comme un cours Choral-Orchestre ; si on peut "réduire" ce dernier à Musique (on pourrait rajouter alors Chorégraphie-Danse-Opéra), je ne vois pas à quoi rattacher Physique-Chimie... :

Le réductionnisme fonctionne donc tôt... Alors c'est quoi un cours de Physique-Chimie ? Je pourrais demander à un prof de collège qui enseigne cette nouvelle matière pourquoi on jumelle maintenant ces deux sciences de la matière. [Ah, bin voilà, ce sont les sciences de la matière ! Fallait le dire... et hors la matière, point de salut !] Et si j'ai le temps, et que je sens une personne ouverte, je lui demanderai aussi si elle change d'attitude intérieure selon qu'elle aborde la matière versant physique ou versant chimique.

Oui, car pour moi c'est là que le bât blesse. Avant, dans un temps que connaissent que les plus de cinquante ans, il y avait un jeu télévisé : "La Tête et les les Jambes" avec une activité intérieure forte (cérébrale, mémoire) d'un côté et une activité physique intense de l'autre (sport) - évidemment ce n'était pas le même candidat qui œuvrait sur les deux plans, il y avait collaboration. Même si cette bipartition de l'humain ne me plait guère, il y avait la chimie ici et ailleurs la physique ; on trouve la conjonction de coordination "et" qui sert à relier des mots liés par une même fonction (la chèvre ET le chou, mais pas la chèvre ET penser...). Donc un seul cours rassemblant Physique ET Chimie n'aurait droit qu'à peu de critique de ma part d'autant qu'il est vrai après tout que j'ai assumé les deux - séparément - . Ce qui ne soulèverait aucune lutte intérieure chez moi serait un cours Physique ou Chimie, mais Physique Chimie ?!!! Non ça ne passe pas. Pourquoi ?

Je ne vais pas contrôler ici si vous faites l'exercice mais je vais vous en soumettre un. Il s'agit de réfléchir à quelques questions qui n'exigent guère de connaissance dans ces domaines : Qu'évoque-t-on quand on parle de Physique ET qu'évoque-t-on quand on parle de Chimie ?

-

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J'imagine que vous avez pris le temps de compléter les deux paragraphes ci-dessus avec des propositions de réponses ou des réflexions personnelles que peuvent soulever ces questions.

Pourquoi cela me dérange-t-il ?

Même si la tendance semble s'infléchir vers une harmonisation des intérêts entre les filles et les garçons, il va de soi que si l'on finit par trouver plus de laborantines en analyse chimique que de garçons on trouve l'inverse pour qui veut trouver son épanouissement dans l'aspect strictement physique du monde1. (En France, on allierait donc probablement Physique-Chimie pour dégenrer le sujet... un genre-washing si l'on m'accorde cette plaisanterie.)

Je fais partie de ceux qui pense que la nature féminine et la nature masculine sont différentes (merci de noter que je ne parle pas de fille ou garçon pour dire cela). Or, sans prétendre corriger ou compléter vos propres réflexions de l'exercice précédent, je synthétiserai en disant que la Chimie sollicite davantage la nature féminine que la Physique qui s'adresse à la nature masculine (je parle bien encore de nature humaine et non de sexe physique entre les cuisses sur lequel on s'appuie d'ordinaire pour différencier les filles et les garçons).

Le Fond du problème
ou Le cœur de la matière2

La chimie travaille la matière par l'intérieur, comme une transformation de chrysalide. Un archétype agit, il est capable de déstructurer et restructurer, d'agencer une nouvelle disposition, et coup de chance, en principe tout fonctionne bien si on reste dans le protocole (et parfois ça bugue à s'en arracher les cheveux).

La physique travaille la matière par l'extérieur. Elle ne transforme rien en autre chose, elle peut détruire facilement mais agence, recombine difficilement. C'est elle qui s'exprime quand il y a manifestation d'énergie (dégagement ou une production) sans que, apparemment, les choses changent (l'ampoule qu'on allume chauffe, éclaire et revient à la normale quand on éteint) ; le processus est perceptible au moins dans son effet même si on ne comprend pas toujours ce qui se passe in fine. Grâce aux relation qu'elle permet de mettre en évidence on peut faire facilement des mathématiques qui vont nous aider à modéliser, prévoir, et même remonter le temps (au moins en imagination avec le carbone 14 sinon en balistique, par exemple).

On peut aussi faire des mathématiques avec la chimie mais on n'est plus dans le processus, on est alors dans une objectivation physique, la chimie en tant que matière montre des processus, la physique tente de les justifier sino de les expliquer.

On est dans deux mondes différents et toutes les hypothèses formulées pour expliquer comment la molécule XY se scinde en présence de AB pour générer par exemple du AX et du BY restent des hypothèses mécanistes (physique). Je postulerai volontiers que si XY accepte de perdre sa nature en présence de AB ce n'est pas seulement parce que XY est plus faible que AB (mécanique... ou plus correctement parlant potentiel d'oxydoréduction ou configuration électronique) mais parce qu'il y a dans la relation X-Y une tendance mutuelle à s'ouvrir à la nature individuelle de A-B, le potentiel rédox étant une conséquence quantifiable de la relation AB avec XY.

Physiquement et chimiquement, les corps élémentaires ou composés présentent tous des différences souvent plus larges qu'un simple écart entre les nombres de protons, neutrons et électrons. La familiarité entre éléments exprimée par les colonnes du tableau périodique3 contraste assez fortement avec la concurrence existant sur les lignes, non seulement entre partie droite et partie gauche, mais aussi entre voisins directs4.

Flammes colorées, de gauche à droite : violet pâle (potassium), rose fuchsia (lithium), rouge (strontium), orangé (calcium), jaune (sodium). Crédit photo : © 2006 S. Querbes pour Anima-Science et Les atomes crochus.
Image prise sur le site wiki sciences amusantes

Si l'on se contente de regarder le comportement (observation physique) de différentes substances dans la combustion (chimie) par exemple puis en association avec d'autres réactifs, on entre en relation avec la nature intime de l'élément pur ou du composé observé, c'est cette nature intime qui est agissante en chimie. Si vous faites s'entrechoquer (physique) des boules de fer, cuivre, plomb, zinc ou tout autre matériau vous observerez des différences de chocs qui, bien que relevant de la nature intime de chacun, n'auront qu'une incidence plus ou moins limitée sur la cinématique du choc (choc dur ou mou donc différence d'effet plus ou moins flagrant dû à l'énergie engendrée par la nature du choc), mais ces natures intimes n'engendreront aucune transformation autre que celle de l'espace physique5.


NOTES :

  1. Titre en anglais du roman de Graham Green Le Fond du problème : The Heart of the Matter. Matter, problème, matière, question, affaire quand il s'agit d'un substantif. J'aime la chimie des langues...
  2. Voir éventuellement ici, l'article Les jeunes filles et la science par deux hommes (...) : Patrice Potvin, Université du Québec à Montréal, Abdelkrim Hasni, Université de Sherbrooke).
  3. Il existe plusieurs façons de dessiner ce tableau de Mendeleïev (le lien renvoie à une présentation simple que je trouve assez parlante). Quoi qu'il en soit "merci M. Mendeleïev" pour votre travail qui allie qualité avec quantité (chimie et physique...).
  4. Par exemple, pour seulement un couple proton/électron d'écart (voir tableau périodique), le potentiel rédox du Cuivre2 (Cu2+ + 2 e ⇄ Cu(s)) est +0,34 V alors que celui du Zinc2 (Zn2+ + 2 e ⇄ Zn(s)) est -0,7618 V. Évidemment me dira-t-on ici ou là c'est normal, on change de famille, on passe des métaux de transition (Cu) aux métaux pauvres (Zn)... Mais pour Au (Or, métal de transition) et Hg (Mercure, métal pauvre) qui relèvent du même changement de famille on a des polarités équivalentes (+1.52 V pour Au3+ et +0.85 V pour Hg2+).(Pour d'autres découvertes voir ce tableau wiki qui donne la demi équation à chaque fois.)
  5. Dans le cadre d'une manipulation nucléaire la limite entre les deux espaces (physique et chimique) la chose est moins nette si l'on peut dire car on joue en même temps entre l'effet physique au sein du matériau et la nature intime de ce dernier.

+++ C'est sans le faire exprès que j'ai mis ci-dessus deux sites canadiens... et c'est vrai aussi que je trouve chez eux une objectivité moins formelle et moins guindée que chez les français.