Quelques haïkus écrits cet été à partir du solstice. Pour finir 2024 qui fut ici pauvre en poésie...
Midi, roi d’été,
Soleil haut flottant au bleu
Grande mer céleste
Miroir gracieux
Où s’admirent les étoiles
L’étang est en paix
Hormis la fuite inquiète d’une grenouille verte

Le bonheur est un accomplissement
Dépassant très souvent l’entendement.
Nous voyons en général bien trop tard
Ce qui nous éblouit avec éclat.
La vie est loin d’être un colin-maillard,
Elle a tout d’un complexe mandala !

Le cigalon ayant chanté jusqu’au milieu de l’été*
Se trouva fort désœuvré et déconfit à l’issue de son unique copulation !
C’est qu’il avait fait le beau, le charmeur du coin de l’aile
Le frimeur aux pectoraux cymbalisateurs !
Les chiens n’aboient pas dans le vallon, mais ils gueulent
Non aux sangliers, mais contre leurs snipers veules
Qui armés de technologie traquent leurs proies
Sans aucun souci de la vie. Ils sont les rois
Qui décident seuls des droits de vie et de mort,
Laissant le renard agoniser, triste sort,
Fiers du sanglichon qu’à plusieurs ils vont abattre,
Sûrs que sous peu un cœur va s’arrêter de battre.
Il était tellement soupe au lait qu’un grand jour
Un soir de belle cause, je l’ai tout bu d’un coup !
Il a bien gouleyé, dévalant tour à tour
La gorge et l’œsophage... et le tout sans à-coups !
Le voici marinant à la sauce sucs gastriques
S’éclatant en séré entre des coquillettes
Et quelques ris de veau, un peu de gueuz’ lambic,
Tout un petit monde faisant la grande fête !
Je t’admire, Léonard, dans cette mise en scène,
Drame si théâtral peint en fresque à Milan
Où chaque personnage, avecque tant d’élan
Dessine son trait d’âme en la très Sainte Cène ;
Je rêve de tes yeux, leur paix et leur beauté,
De la soie de ta peau, de ton rire aux éclats,
De cette larme aussi que le bonheur fait naître
Quand la rose t’embrase, quand le ciel est si doux.
Dehors !
Les tensions et les guerres, les crimes et la peur
La haine et la bêtise, la folie des grandeurs.
J’allais par ce chemin aux premières lueurs
Quand le froid vous emporte en un dernier élan
Quand le corps est rouillé d’une nuit de bonheur
Quand on soupire au ciel pour un oiseau … volant !