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01-02-2026 : catégorie sens humains étiquetée découvrir, sens

Nos sens [2]

Et si un sens nous manquait...

rat taupe aveugle
Source : https://animalia.bio/

Le rat taupe Nannospalax leucodon est aveugle. Enfin, aveugle, pas vraiment, car il a des yeux comme la grande majorité des animaux. Simplement, chez lui ils sont recouverts de peau velue... donc des yeux essentiellement récepteurs de luminosité ne permettant pas de voir au sens où nous y sommes habitués, des yeux recevant juste la clarté. Où sont les yeux des lombrics ?... Avez-vous aussi entendu parler du tétra aveugle (Astyanax mexicanus), un poisson cavernicol non voyant ayant des collègues de surface voyants ?!

Maintenant imaginons qu'il nous manque un de nos sens: PAS D'YEUX ! Un monde sans couleur… même pas de noir (qu’on ne me dise pas que ce n’est pas une couleur…). Non pas aveugles tous de naissance, mais surtout sans yeux. Personne pour nous décrire un minimum ce que cela représente de « voir » puisque nous ne pourrions rien nous représenter. Ce mot n’aurait aucun sens, il ne serait éventuellement qu’un son comme par exemple « sphénoïde »1).

Aurions-nous des images intérieures c’est-à-dire des re-présentations, des reformations souvenirs en images ? Non ! Quid alors de la pensée sur la base d’ajustement, de logique, d’enchaînement d’images visuelles. Les images olfactives, gustatives, auditives, corporelles, etc. seraient toujours présentes, mais aucune de ce qu’on pourrait avoir vu, puisque voir n'aurait aucun ... sens ! Exit le plan de notre futur appartement, le joli gâteau d’anniversaire, les paysages enchanteurs, exit les spectacles de danse, les visites des musées, … et exit aussi les choses que dans la situation normale on voudraient ne jamais avoir vues...).

Il n’y aurait a priori aucun problème pour que, sans la vue, nous connaissions les formes, a priori car la proximité serait de rigueur, il nous suffirait d’un geste, d’un mouvement pour que les reconnaissions, pour qu’elles s’associent à d’autres formes définies que nous connaissons. L’aveugle le sait : la forme n’a rien à voir… avec la vue.

plan net sur une main caressant une hermine
Source : La Dame à l'hermine, Léonard de Vinci

Ce ne sont pas nos yeux qui nous font percevoir la forme, cela n’a rien à voir avec la couleur dont la perception est, elle, seulement demandée à la vue. Les yeux dessinent en permanence, ils font du dessin, mais sans suivre des lignes, juste un geste un mouvement, ce qui nous fait non seulement croire à l’illusion, mais nous impose presque de garder notre objectivité : ceci est un dessin où rien ne bouge !

illusion optique
Source : www.consoglobe.com

Autre lacune qui pourrait nous sembler importante dans un monde sans vue : l'espace se réduit à une peau de chagrin… Enfin, pas vraiment, il se réduit déjà à celui que nous pouvons embrasser (selon l’étendue accessibles à nos bras). Enfin, pas vraiment, cela pourrait même être plus vaste, ne serait-ce qu’en marchant : nous pourrions saisir en idée tout l’espace terrestre. Ce n’est pas la vue qui nous donne le moyen nécessaire… c’est encore le mouvement allié à la capacité de jugement !

Le mouvement a donc aussi son sens (académiquement parlant on dit kinesthésie ou proprioception). C'est même celui que nous exerçons à chaque instant avec plus d'acuité que la vue, non seulement dans un but cognitif mais surtout dans celui de notre façon de bouger par rapport au monde.

Mais sur l'idée de nous saisir l'espace, ce n’est pas tout. Les oreilles, par l’audition, peuvent aussi nous révéler l’espace, sa densité, les embûches qui l’habitent. Oui, oui, c’est possible par écholocalisation, association de la voix avec l’oreille, ces deux « choses » existent sur une même idée, un peu comme les deux pôles d’un aimant.

comment on peut nous écholocaliser en écholocalisant les objets
Source : le Blob.fr

Il ne faudrait pas que le sens de l’équilibre fasse aussi défaut… Lui il s’associe bien avec la vue : elle nous permet parfois de nous appuyer dans une réalité virtuelle sur un support réel. Osons la posture de l'arbre ou celle du guerrier 3, et fermons les yeux… ça peut marcher, ou pas ! Poussons le défi en réduisant l'appui du pied au sol et en montant sur la pointe… ça peut marcher, ou pas…

posture de l'arbre en yoga
Yoga : posture de l'arbre (asana Vriksasana ).
Source : Freepic

En parlant d’équilibre il faut comprendre que l’extérieur à nous n’a rien à voir avec nous, si ce n’est de manière relative. L’équilibre est d’abord une question interne de la relation de notre corps avec l’environnement dans ce qu’il a de très physique : une force, la gravité. L'équilibre est le fait de sentir notre poids et de le mettre dans une relation juste entre notre activité et les contraintes que l’environnement nous impose. L'équilibre, c’est du géo-positionnement !

posture du guerrier 3 en yoga
Yoga : posture du guerrier 3 (asana Virabhadrasana 3).Source = fr.freepik.com

Ces postures de l’arbre ou celle du guerrier 3 qu’affectionnent les yogis et les yogistes sont bien plus faciles à prendre avec un point d’appui visuel. Ici le mouvement ne dépend vraiment pas de votre mobilité. Vous surélevez votre centre de gravité en diminuant votre triangle de sustentation 2. Les yeux ouverts permettent un autre point d’appui, qui permet d'agrandir un peu la petite surface du pied en contact avec le sol.


Faites vos propres expériences sensitives sur tout ce que nous avons effleuré ici et pensez-y. Imaginez de la même façon que nous l'avons fait pour la vue que d'autres sens manquent à l'humain, le goût, l'odorat, l'ouïe, le toucher, la chaleur, etc..

Il y a déjà eu beaucoup d’éléments pour s’interroger sur le rapport entre ce que nous vivons et ce qu’on nous décrit à propos de nos perceptions sensibles quand on nous parle de « nos sens », alors : partons de notre expérience puisque celle-ci ne connaît aucun intermédiaire.

Je me sens et je sens le monde, donc j'existe...

Suite du voyage au prochain numéro ➔ : encore dans les limbes....



NOTE(S)

1) SPHÉNOÏDE 

S  P  H  É  N  O  Ï  D  E

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les ailes qui sont en vous...

2) TRIANGLE DE SUSTENTATION : zone d’appui par laquelle doit passer la verticale à votre centre de gravité (ou centre de touyes les masses sur lesquelles s’exerce la gravité.