08-01-2025 : catégorie conscience étiquetée intelligence, obervation, règnes
proposée par : Dictionnaires Le Robert
intelligence, nom féminin
Faculté de connaître, de comprendre ; qualité de l’esprit qui comprend et s’adapte facilement.
L’ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance rationnelle (opposé à sensation et à intuition).
Synonymes : entendement, intellect, raison
Tout est dit… enfin presque car là il s’agit de l’intelligence humaine, et enfin presque car qui peut en savoir plus sur l’intelligence avec cette définition (avec tout mon respect pour Le Robert sans compter qu’il lui reste à définir l’esprit, un concept bien trop large pour une définition).
Cette définition, ou tout autre nous rend-elle plus intelligent ? Ou est-ce simplement, si on a de la mémoire un truc à y loger pour le ressortir lors d’un mariage ou pour répondre à Jean-Pierre et gagner des millions… ?
En général, nous prenons comme intelligent quelqu’un qui a des connaissances ou simplement un savoir et sait quoi en faire, ou, disons, sait en faire quelque chose.
Le cordonnier est intelligent, mais ni plus ni moins que le
neurologue spécialiste ou le prof de math (ceux-ci ont rarement les
dispositions pour travailler le cuir de façon à en faire des
chaussures de qualité). Le cordonnier sera incapable (je ne crains
pas trop de me tromper) d’évoquer la (dite) plus belle expression
mathématique ei?  ;+  ;1  ;=  ;0. Il
saura où est le foie mais sans doute pas ce qu’il fait et, en cas
d’avarie, il ne saura pas le réparer (soigner…).
On
peut permuter ces images ou
en rajouter à l’infini [je
pèse mon mot] :
chacun possède une intelligence propre…
Question :
où se place le musicien dans le groupe des copains précédents ?
A-t-on besoin d’intelligence
ou d’une
intelligence
pour écrire une musique qui fera fondre en larmes qui l’entendra ?
On peut voir de l’intelligence chez les animaux : bâtisseurs, chasseurs, migrateurs, oiseaux ou poissons en murmuration, etc.. Elle dépend de l’espèce et très rarement des individus qui n’ont qu’une très faible marge de manœuvre par rapport à l’inné [selon les espèces, on peut faire apprendre des trucs à des individus, mais tout seuls, dans la nature, auraient-ils l’idée de faire « ça »?].
On aura du mal à voir de l’intelligence chez les mycètes, les bactéries car il y a des façons d’être mais pas de réalisation ou d’action. La faculté d’adaptation est très forte dans ces règnes, mais elle ne dépend ni des individus ni de l’espèce : elle repose sur le lien à l’environnement et au temps (celui qui passe) ou aux conditions (un cadavre « génère » la foule de bactérie qui va le digérer avant de disparaître elle-même comme par magie). Les microbes ne sont pas des envahisseurs mais des opportunistes qui ne font chacun que ce qu’ils savent faire, non pas vous ennuyer, mais vous mettre face à vos faiblesses physiologiques en profitant de votre terrain et tout en vous ignorant totalement…
Chez les plantes, c’est toute la vie qui est réalisation permanente. L’individu s’adapte peu même si l’environnement change ; et c’est une chance car le temps (la météo : chaleur, hygrométrie, vents, précipitations, pressions) est en activité permanente et rapide au niveau de la partie aérienne et l’édaphon local est relativement constant pour la partie ancrée. Comme nous le montre notre époque de changement climatique les végétaux s’adaptent en se déplaçant, se modifiant, etc., enfin en tant que descendance car ce qui s’est développé depuis la graine reste soumis aux qualités héritées de cette graine.
Si l’animal peut chercher un abri parce qu’il en a besoin, la plante ne sait comment se défendre ; chez elle seules des réactions physiologiques sont à l’œuvre (blessure, meurtrissure, manque de tonus hydrique, etc.). Il n’y a pas non plus de sirène d’alarme incendie chez les végétaux pour faire remonter l’information (nous reviendrons sur ce terme) alors que l’animal sait qu’il doit fuir, c’est même un mouvement non réfléchi, non pensé, non intellectuel, c’est un réflexe lié à l’espèce ; de son côté, la plante subit (parfois même pour son bien : voir pyrophilie1 !!!)
Le bébé qui chemine vers sa maturité n’est pas intelligent en ce sens, il suit son évolution (ontogenèse) dans l’esprit de l’espèce qui elle-même évolue en tant qu’espèce humaine (phylogenèse).
L’animal qui se développe est aussi pris dans une intelligence de son espèce, idem pour les végétaux et les microrègnes. Pas l’individu humain qui pourra rester toute sa vie nu face à lui-même.
Une Intelligence existe sans doute derrière les processus de développement des êtres vivants car tout est trop bien organisé pour que le hasard d’une soupe primitive ait suffi ; cette intelligence n’est certainement pas dans le sens de la nôtre qui malheureusement est souvent trop cognitive, intellectuelle.
Nombre de personnes souffrent d’inintelligence factuelle (le sens pratique) ou gestuelle (la coordination de mouvements). Je suis par exemple dans l’ignorance rythmique (incapacité à me laisser porter par une musique, ma tête ne supporte pas, elle veut assumer le contrôle et du coup, cela se solde par des crampes ou tétanies légères ; non, ce n’est pas drôle). Le niveau d’intelligence cognitive ne peut rien à ces lacunes.
Donc l’intelligence n’est pas une affaire de cerveau, mais d’être. On verra avec nos perspicaces outils d’imagerie que des zones sont activées lors de telle ou telle sollicitation intellectuelle, méditative, gestuelle, pratique, rythmique…, etc.. La question qui, à moi, me reste est : « est-ce moi qui active ses zones ou bien est-ce ces zones qui m’activent ?... ». La seconde hypothèse ramène forcément à une interrogation supplémentaire : « si mon cerveau me pilote, qui le pilote pour que je suis faire ce que j’ai à faire ?... »
Quand on veut bouger, on bouge. Enfin pas tout le monde ; le paralysé veut bouger, il a l’idée et le besoin de bouger mais il ne peut pas pour diverses raisons, physiques ou psychiques par exemple après intensification d’une barrière, d’un choc psychologique. Si des nerfs sont été sectionnés l’individu n’aura clairement pas de retour physique de sa propre présence ou de son activité locale au niveau des zones concernées. Aucun mouvement ne pourra être mis en œuvre, c’est-à-dire autrement que parmi tous les mouvements possibles ici il ne sera pas capable de choisir le bon, ce qui suffit à entraver toute action. Imaginez votre voisin, voire votre partenaire collé à vous, vous ne pouvez rien faire pour le bouger autrement que de le prendre physiquement. Un paralytique sera dans cette situation : s’il veut bouger sa jambe il va devoir la saisir et la mouvoir selon son but. Quel que soit l’intelligence de la personne, de l’ignare à l’érudit ce sera la même chose : si je suis paralysé de la face je ne peux montrer mon état d’âme, je ne suis plus moi à cet endroit… c’est paradoxal et terrible en même temps !
Avez-vous déjà joué à Jungle Speed ? Vous aurez beau être hyper intelligent un enfant a de fortes chances de vous battre… il a une vision plus globale des choses et réagit souvent plus vite comme s’il n’avait pas besoin de réfléchir quand la situation ne le lui impose pas (ce qui est très fréquent chez l’enfant : en premier, j’agis ! Mais il peut aussi être dans la lune… profitez-en.).
Je n’en ai rien dit… L’intelligence
Est-ce la peine de dire beaucoup de chose ?… Oui, peut-être que ce qu’on appelle ainsi n’a absolument rien d’une quelconque intelligence. Et l’intelligence de son côté n’a rien à voir avec des algorithmes même si d’aucuns peuvent penser que nos neurones travaillent comme un ordinateur. Bref.
L’IA, c’est tout de même une performance technique qui est en train de semer une zizanie, qui si elle n’est pas contrôlée peut signifier, à très court terme vu son démarrage, un effondrement de nos capacités en tant qu’espèce. C’est un peu comme ces truies qui sont là pour nourrir ad vitam aeternam des porcelets. Elles deviennent des machines à lait sans plus aucun rapport avec la nature. Quid de ce que nous mangeons ensuite ? Quid de nos propres organes et de notre devenir ? Bref. Vous pourrez vous-même poser la question ci-après à une IA2.
L’IA n’est pas une vérité mais elle peut nous faciliter les choses que nous sommes incapables de produire nous-mêmes avec notre intelligence. J’ai demandé à ChatGPT de me faire un texte parlant des problèmes que l’IA peut causer à l’être humain et j’ai reçu un texte que je qualifierai d’objectif ceci d’autant plus que ce genre de question doit lui être souvent posé.
Comme le sujet était trop proche de sa vocation je lui ai demandé un haïku*** sur un jour gris de novembre où la pluie mine le moral en terminant par une conclusion à sa guise. Voilà son texte dans la seconde :
Pluie froide
au matin,
Les arbres pleurent en silence,
Un rêve
s’éveille.
C’est en soi bien mieux que la moyenne de ce qu’on lit sur les pages facebook de haïkus… même parfois de gens qui sont modérateurs… Bon ici la seconde ligne a 8 syllabes au lieu de 7 et la déprime s’exprime dans cette même ligne sans doute avec le verbe « pleurent » (mot à cause duquel il y a 8 syllabes sans doute). En direct sur cette idée de texte je dirais :
Pluie
froide au matin
Arbres pleurant en silence
Nostalgie d’été
L’IA a bien pris l’idée sans faire de répétition des termes de ma demande et elle a écrit son haïku. Mais, a-t-elle hésité ? A-t-elle cherché des ambiances ? Etc..
Ah
! non ! c’est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire, ô
dieu, bien des choses en somme,
En variant le ton, par exemple,
tenez :
Mélancolique
:
“Arbres squelettiques
Éléments pathologiques
À quand le réveil ?”
Colérique :
“Froid qui engourdit !
Pluie qui veut assassiner !
Un jour sera Pâques !”
Flegmatique :
“L’été, sa chaleur
Les fruits se gorgeant de sucre
L’espoir me fait vivre”
Sanguin :
“Novembre pétille
Sous le froid qui le titille
Tristounet béguin”
NOTES
* Juste pour décrire ce qui se dit ici : ei? + 1 = 0 ou ei? = – 1. Cette formule a un nom : l’identité d’Euler (Leonhard Euler, mathématicien suisse extrêmement prodigue au XVIIIe siècle).
On dit e élevé à la puissance i?.
e : déjà connu avant Euler, il est devenu le nombre d’Euler… c’est une valeur irrationnelle égale à 2.71828182846… Il est la base des logarithmes naturels (ln).
i : i pour imaginaire… i est un nombre répondant à la définition i 2 = – 1. Avec les nombres dits réels un carré est forcément positif, le nombre imaginaire introduit donc une ressource supplémentaire qui fait le plaisir des matheux. Avec les nombres imaginaires purs, multiple de i, ou les nombres complexes, addition d’un imaginaire pur et d’une valeur réelle (tout nombre auquel on peut penser, est un nombre réel) on entre dans un nouveau monde.
? : le fameux pi dont tout monde connaît les 3 premiers chiffres (3,14...) est aussi un nombre irrationnel, c’est-à-dire un nombre qui écrit ne dit jamais tout de lui car il aura toujours une infinité de décimales supplémentaires qui changeront la valeur écrite. ? est le p grec, première lettre de périmètre. Il est le rapport entre la circonférence du cercle (périmètre du cercle) et le rayon de ce cercle. P = ?.R
Tout ce petit monde mélangé selon la formule magique, enfin conforme avec l’identité d’Euler donne – 1 c’est-à-dire ei?i 2 . Puisque ce n’est qu’une note, on va arrêter là…
** Le règne humain : Voilà un point qui mériterait un développement. L’être humain est-il un animal comme on essaie de nous l’inculquer quasi de force par la répétition omniprésente ? Ma réponse est « non ». Mon non est catégorique, mesuré, argumenté. Ce n’est pas pour autant que je place l’humain en haut de quoi que ce soit ; je ne lui prête même aucune « supériorité » par rapport au reste de la nature. Être cheval, chien, bonobo, etc. est naturel même si ce n’est pas facile tous les jours. Être humain c’est difficile à chaque instant ne serait-ce de par le regard que chacun est (in) capable de porter ne serait-ce que sur lui-même, par son tiraillement entre sa place et celle des autres, par son tiraillement entre le bien et le mal, le moral et le non-moral, par le hiatus qui existe entre ses aspirations et la réalisation pour les mettre en œuvre ! [On peut compléter la liste infiniment (et là encore je pèse mon mot…).]
*** Haïku : poésie courte sans rime, 3 lignes de 5, 7 et 5 syllabes, avec une accroche ou une conclusion sur 5 syllabes avant ou après un développement (resp. 7-5 ou 5-7) . L’ambiance porte généralement sur des éléments naturels. Selon l’haïjin il y a aura ou non de la ponctuation, des majuscules, le respect des règles qui n’en sont pas vraiment… Une phrase de 17 syllabes n’est jamais un haïku car les deux parties du haïku implique une césure comme s’il y avait deux points (:). [En savoir plus]
LISTE DES LIENS mentionnés dans le texte
Images non sourcées : (C) Patrick Roussel