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28-12-2024 : catégorie conscience étiquetée être, non-être, humains, règne humain

Être ou pas Être, là est la question

Une époque de conscience 4/4

Dans le précédent article, il a été fait mention de l'être sans qu'il soit décrit. Or, cette notion d'être me semble absolument capitale dans notre monde qui se technisise à outrance, monde où la machine n'arrête pas de vous demander de prouver que vous êtes humain... via les CAPTCHAs (acronyme de l'anglais Completely Automated Public Turing test to tell Computers and Humans Apart [trad. : Test de Turing public entièrement automatisé pour différencier les ordinateurs et les humains]) ; en fait ce sont les programmeurs qui vous le demandent, la machine, elle, n'en a cure !

La notion de non-être

Le non-être est une notion philosophique opposable à celle de l'être plus ou moins largement discutée en philosophie : en savoir plus.

Nous n'allons pas entrer dans la controverse mais nous poser déjà la question de l'existence de l'être (c'est presque un pléonasme) et ce que représente ce mot. Le monde d'aujourd'hui l'a banalisé comme une vulgaire chose, un concept à la fois lisse et valise, un concept relativement opaque en même temps que passe-partout.

L’être

Disposons-nous des données nécessaire pour décréter que ceci est un être ou un non-être ? Suffit-il d’adjoindre le qualificatif vivant pour justifier ici la reconnaissance d’un être ?

D’après mon approche de la chimie, je peux vous assurer, par l’expérience, que nos éléments chimiques ont des caractères extrêmement définis. Un élève un jour m’a dit « Quand vous nous parlez de ça on a l’impression que c’est des gens. » Ça m’a fait chaud au cœur… car oui, on peut voir que dans le comportement des éléments chimiques s’affirme une sorte de personnalité ! Un élément est une personnalité… tout atome de X (élément générique du tableau des éléments) aura un comportement chimique semblable à tout autre X, la personnalisation dépend ici de la nature qui s’exprime à travers X, tous les X sans individualité.

Chez les plantes, nous voyons clairement les individus. Ils sont tous différents mais ici aussi l’espèce va être représentation d’un personnalité selon l’espèce. Une tulipe, une violette, une marguerite s’imposent, s’affirment, se montrent, s’adaptent toutes différemment l’une des autres.

Chez les animaux, les mycètes, les bactéries, etc. l’individuation se manifeste en gros comme chez les végétaux. Un bonobo (pour prendre le soi-disant plus proche de l’humain) se comporte comme tout autre bonobo avec éventuellement un peu plus ou moins de fantaisie. Le fait de sa mobilité lui permet de rencontrer beaucoup de situation que pour une plante.

Même s’ils vivent en couple, les humains Charles et Victoire ont de très fortes chance de ne pas manifester leurs individualités respectives de la même manière (même dans un espace naturiste où aucun textile ne trahit plus l’adhésion à une mode, un style individualisant...). La personnalité est strictement individuelle… Le tableau des éléments humains devrait couvrir les 7 milliards que nous sommes…

On estime qu'il y a sur Terre près de 8 millions d'espèces animales et végétales sauvages différentes, dont 5,5 millions d'espèces d'insectes. En France, 186 883 espèces animales et végétales sauvages différentes ont été recensées.
[Source : https://naturefrance.fr/les-especes]

Les enfants de Victoire et Charles ont de très très fortes chances de se présenter à l’âge adulte comme différents de leurs parents malgré quelques traits ou ressemblances physiques, psychologiques, comportementales ou psychiques. Le modèle type n’existe pas chez l’humain en dehors de son aspect corporel…

Dans ce règne humain, où l’on peut distinguer des genres, familles, ordres et classes, voire aussi des embranchements sociaux différents, il y a aujourd’hui environ 7 milliards d’espèces* avec des créations d’espèces en continu et des espèces passées apparemment indénombrables (ou innombrables).

Le nombre d’humains nés sur Terre depuis les origines se situerait autour de 80 milliards. Beaucoup, parmi eux, sont morts très vite après leur naissance. Sur les 80 milliards, près de la moitié serait née au cours des deux derniers millénaires (depuis l’an 1). Un homme sur cinq (soit 15 milliards) est né durant les deux derniers siècles, et près d’un sur dix (soit 8 milliards) est encore en vie. Cette situation est particulière à l’espèce humaine dont l’effectif a augmenté rapidement au cours de la période récente.
[Source : Institut national d’études démographiques (Ined)]

Les sosies (relativement semblables en formes et généralement seulement de visages) n’échappent pas à la règle de l’individualité colorées par une personnalité propre : la forme n’impose pas grand-chose.

Dans l’introduction du précédent article, j’ai écrit le mot Réel (oui, avec un R majuscule) et cette proposition :

Le « tu » peut être « je » ou l’inverse... : comprenant ceci nous pourrons nous observer nous-mêmes en se sentant quelque part d’autre que centré dans notre corps, au-dessus de nous peut-être comme un sage observateur. Nous ne sommes ni notre corps ni un cas particulier dans toute l’humanité, et nous pouvons saisir sans peine que notre relation à autrui dépasse largement le monde matériel.

La réalité de ce que nous vivons dépend en grande partie de nous… mais ne nous leurrons pas : c’est pareil pour tout le monde (= pour toutes les espèces sociales du règne humain).

Dans notre aventure commune il y a un tronc commun : la salade ! Oui ; je ne plaisante qu’à moitié. La salade est la même pour vous et moi vous en conviendrez mais nos sens respectifs ne nous en transmettent pas forcément la même image, et donc elle n’est pas la même pour vous et pour moi !!! Alors cette salade, quelle est sa réalité ?

Notre conscience de la salade est personnelle, mais l’idée salade est universelle. D’où la question : pourrait-on s’entendre au sujet de la salade ?...

Je ne vous raconte pas des salades… on aurait pu prendre comme exemple la paix, la guerre, l’amour, un schtroumpf quelconque. Tout absolument tout est à la fois universel (tronc commun) et unique (selon soi). L’enseignement n’y fait quasiment rien… c’est l’expérience qui fait, qui crée le lien de conscience à la chose et de conscience de la chose.

C’est le soi qui met la chose en forme pour une image, un ressenti, une compréhension, etc.. Ce qui viendra chez un autre soi créera une image différente de celle venant d’être exprimée. Le chercheur qui s’ouvre vis à vis de ce qu’il a reçu dans ses études peut découvrir quelque chose, pas celui qui tourne sur les idées reçues.

Je, tu , elle, il sont tous des versions du monde individualisées sur un même modèle plus ou moins taillé sur mesure lors de la gestation. Pendant celle-ci et plus encore lors de la sortie et plus encore à la première bouffée d’air planétaire, il y a une image du monde qui s’ancre, déjà déterministe en terme de santé et de subjectivité : le monde devient plus vaste et plus froid que jusqu’alors, c’est notre premier point de vu personnel déterminant du reste...

Et pourtant, même si c’est froid et sans limite, elle ou il, l’enfant veut sortir : il veut naître, sans doute pour connaître et apprendre à se connaître. Oui, c’est dans ce sens qu’il semble que nous devons prendre les choses ; regardez-vous, regardez vos enfants, l’histoire de vos amis, collègues, etc. et vous constaterez que tous courent après une chose : eux-mêmes, rien d’autres.

Même l’ambition la plus matérialiste (accumuler des richesses par exemple) conduit à la quête d’une réponse à la question « qui suis-je ? ». La quête n’arrive même pas à son terme avec la mort qui peut être entre tragique (accident) et molle (ne pas se réveiller un matin alors que depuis des années on vivait avec la maladie d’Alzheimer…). Pourquoi j’affirme cela ? Mais parce que personne à part quelques ambitieux sans doute un peu malades (dictateurs par exemple) ne dit jamais « Je suis ça ! »

Je suis devenu la Mort**, le destructeur des mondes qui anéantit toutes chosesOppenheimer [Source : Le destructeur des mondes]

Déjà dans le nid douillet du ventre maternel, l’individualité s’affirme, les mères, qui vivant la chose, le savent mieux que les pères émus et attendris. Ces derniers sont spectateurs alors que la première est à la fois régisseuse et metteuse en scène. Le futur bébé, lui, est acteur et écrivain de sa propre histoire ! Et il sera toute sa vie celui qui agit, celui que la mère libère lentement de son attache jusqu’à l’émergence de cet être que parfois les parents ont du mal à reconnaître… et qui jouera un rôle que lui-même se plaindra de ne pas savoir suffisamment identifier.

Être ou "pas être"

J’espère qu’on l’aura senti : la place de l’être est un aspect capital au sein de notre époque, et qui plus est, la place de l’être humain, ce que signifie être humain dans la nature. L’être humain est à part dans cette nature, ce qui ne lui confère d’ailleurs aucune supériorité. Cet esprit de supériorité qui existe chez certains êtres qui s’allouent davantage de valeur qu’aux autres devient un cynisme à notre époque où nous devons comprendre que nous avons plus de devoir que de droit vis à vis de notre environnement.

Il existe une horizontalité dans le règne humain où, plus que dans le règne animal, tout le monde se doit a minima de reconnaître à autrui la même valeur que celle qu’il s’attribue à lui-même. Les règnes de la nature, hors l’humain***, composent une harmonie, un espace accueillant ouvert, généreux, offert. La nature pourrait si elle en avait le pouvoir s’arroger la propriété d’elle-même pour le bien de tous les êtres qu’elle héberge.

Pour comprendre cela il ne faut pas croire à une valeur d’être ou à des privilèges que certains pourraient s’octroyer.

Pour ce qui relève de la nature, tout est être.

SUITE 5/4...

____

NOTES

* Nombre d’humains
Ceci me semble être un postulat qui évince la qualité d’être. Une forme de prétention scientifique existe qui s’exprime dans le fait que seul ce qui est matériel correspond à une réalité. Et de fait tout ce qui appartient par exemple à la conscience n’a même pas de valeur reconnue,
on réduit tout à des phénomènes physico-chimiques, des éléments quantifiables. . L’être est un concept immatériel donc qui ne sera jamais perçu au bout d’un instrument physique quelconque. Seul soi-même en tant qu’être, se sentant être, peut objectiver l’être hors de toute subjectivité et avec une impartialité, un objectivité néanmoins totalement scientifique.
En foi de quoi personne ne peut négliger des faits non avérés matériellement comme le concept de
vie, d’âme, d’esprit, voire de réincarnation… alors de fait nous devrions revoir notre concept même d’être humain.
L’électricité existe dans la nature depuis toujours… pas seulement depuis qu’on sait tout ce qu’on lui fait dire en laboratoire. Cette force d’investigation que possède l’humain doit s’appliquer à tous les sujets et aucun académisme ne peut s’arroger la primauté d’en savoir plus que d’autres.

[retour au texte]



** Oppenheimer : Le magazine Géo restitue l’origine de cette phrase célèbre dans un article (les notes insérées sont de votre serviteur) :

Dans une interview à la NBC en 1965, il [Oppenheimer] conte les pensées qui l'ont traversé en voyant le champignon du premier essai atomique, vingt ans plus tôt :
Nous savions que le monde ne serait plus le même. Quelques personnes ont ri, quelques personnes ont pleuré, la plupart des gens sont restés silencieux.
Je me suis souvenu d'un passage de La Bhagavad-Gita, l'écriture hindoue : Vishnu [sous la forme de son avatar Krishna] essaie de persuader le prince [Arjuna, le guerrier] qu'il doit faire son devoir et, pour l'impressionner, prend sa forme multibras et dit : "Maintenant, je suis devenu la Mort, le destructeur des mondes". Je suppose que nous avons tous pensé cela, d'une manière ou d'une autre.

En fait, le texte d’origine (Verset : 11.32) est celui-ci :

SUITE 5/4

Le Seigneur Bienheureux dit : « Je suis le temps, destructeur des mondes, venu engager tous les hommes. En dehors de vous [les 5 Pândavas], ils périront tous, guerriers des deux armées qui s’affrontent. [suite dans le deux versets suivants]

Il semble intéressant de mettre en parallèle les deux formes : celle d’Oppenheimer (je suis devenu la mort) et celle du texte d’origine (je suis le temps). Je vous laisse méditer sur le sujet sachant peut-être aussi que les protagonistes de l’histoire sont à voir comme des êtres de haute spiritualité, des entités purement conceptuelles et non corporelles. Il ne s’agit pas d’histoires humaines mais de descriptions qui anthropomorphisent des forces (voir l’origine des Pândavas).

Voir aussi La Bhagavad Gîtâ

[retour texte]

*** L’humain n’est pas une espèce animale… Je suis conscient d’aller à contresens de l’ambiance actuelle, mais c’est pour moi une évidence qu’aucun argument n’a jamais pu mettre à mal. Cette différentiation entre les deux règnes, encore admise par la science jusqu’à il y a peu, ne ramène pas l’humain à plus d’humilité mais à davantage de déresponsabilité surtout quand on soutient en plus que finalement nous ne serions que les jouets de notre cerveau et de ses effets physico-chimiques.

[retour texte]



NOTE(S)

Images non sourcées : (C) Patrick Roussel