Écriture manuscrite
On le retrouve ici sous un autre angle (Réseau International).
"Vous n'avez pas oublié ces choses parce que vous avez une mauvaise mémoire. Vous les avez oubliées parce que taper au clavier n'a jamais sollicité la partie du cerveau qui aurait permis de les mémoriser." Ces deux phrases m'ont interpellé sur facebook car je constate ça un peu trop fréquemment à mon goût.
De plus le format numérique nous empêche de tourner les pages, d'estimer en gros où se trouve le détail qu'on cherche, de retrouver une image ou simplement l'image de la double page avec la disposition des paragraphes.
On gagne en place, en papier, mais quoi de plus ...
J'ai aujourd'hui en gros 1100 pages A4 numériques à relire. Gros travail de condensation en vue... Seulement voilà, j'évolue dans l'idée au fil du texte que je relis (tiens, ça c'est bien, ou c'est beau, c'est toc, c'est mal formulé, c'est une redite de quelque part mais où ?, etc...).
Un écran est une zone délimitée pour voir ou saisir. Au début, c'est facile. À la première relecture (j'avais déjà 600 pages avec notes et annexes) et parce que j'ai trop brassé ce texte à l'écran, des idées nouvelles ce sont ajoutées inévitablement. Et comme ce n'est pas un roman j'ai, à la place d'un fil à suivre, un gigantesque tableau qui se dessine au fur et à mesure de mon avancement dans ce domaine : le vivant (le vivant en tant que milieu et non qu'ensemble des espèces vivantes...). C'est un essai.
J'ai le tournis
J'ai choisi le numérique par facilité et correctivité : les points puissants et séduisant de ce format. J'avais un fil au début mais il s'est greffé tant de détails qu'on peut maintenant commencer ce fil n'importe où, c'est pourquoi je parle de tableau. J'ai fait des pirouettes de textes et puis un jour j'ai donné le début à un ami. Il m'a immédiatement sapé le moral : « Ton écriture est trop fastidieuse... » Il m'a pourtant souvent relu et des discussions magnifiques ont eu lieu... j'en suis donc à faire moins fastidieux, ce qui est indispensable pour être lu surtout sur un tel sujet.
Me relire sur papier serait mieux, j'ai essayé, mais je suis incapable de corriger seulement les fautes et la grammaire.
Au terme de mes 600 pages j'en avais parlé avec cet ami, mais il avait remis en question le titre d'alors : "Le feuillet du vivant". Lui-même ingénieur agronome et écrivain à ses heures avait eu du mal à recevoir ce que je croyais être un ensemble de concepts admis et simplement revisités par moi sur la bases de travaux que nous partagions. Cela m'avait un peu sapé le moral. J'avais alors décidé de chercher d'autres oreilles et d'autres yeux, j'ai donc continuer seul.
Peu de temps après se tenait le salon du livre à Genève. J'ai pris le premier chapitre, celui de présentation et le volumineux index lié à 600 pages très chapitrées. J'avais discuté avec un éditeur en lui tendant mon travail qu'il avait parcouru d'un regard disponible et attentif. Il m'a dit que cela avait l'air absolument passionnant, qu'il pourrait éditer un tel volume. Je lui ai dit "Je vous l'envoie dès que ma relecture est terminée"... cela fait une bonne douzaine d'années qu'il attend (enfin qu'il n'attend plus).