Sujet : NATURE
Thème : les 5 blogs de Patrick Roussel
12-09-2026 : catégorie Réserve naturelle étiquetée nature encadrée
ou
Voici une cité retzienne qui ne manque pas de culot ! si je puis me permettre et sans vouloir manquer de respect à la municipalité. Heureusement, le ridicule ne tue pas. L'affiche ne fait du tout officielle... :
Heureusement aussi je n’avais guère le temps lors de cette pause océane d’empiler quelques bawis… De plus les pierres ici étaient assez tristes, voire rustres si l’on peut user de ce mot à leur égard. En repartant je suis tombé sur cette "bicoque" en construction... comment peut-on autoriser une si misérable bâtisse en bord de mer et proche d'une réserve naturelle !
Et ce n’est pas tout, alors que nous avions repris la route, peu après la sortie de la pointe St Gildas, 2 monstres routiers aussi grossiers que stupides voire inutiles, trônaient en majesté à 4 pattes dans un champ !!!.
Ainsi donc, empiler les pierres est nuisible à la biodiversité (si ça l'est, cela ne l'est pas davantage en réserve naturelle qu'ailleurs)… mais "on" peut organiser dans les champs des spectacles de voitures rarement clean (à part la peinture). Comprend qui peut.
C’est la première fois que je me trouvais face à une telle insupportable sottise manifestée, affichée. Le panneau me paraissait être une insulte à la liberté individuelle comme le champ d’éolienne à quelques encablures pourrait être une insulte au paysage marin. Sans doute ce champ a-t-il été l’objet de soins notables envers la biodiversité… je ne sais pas. Sans doute aussi les bateaux blancs à l’amarre 11 mois sur 12 pour la plupart ont-ils plus d’égard pour la biodiversité et leurs pilotes et passagers qui ont peut-être des règles éthiques strictes, et ont eu conscience des conditions de réalisation de leur joujou !
Il pourrait être mis en évidence une information officielle (ou un rappel) "Réserve naturelle de La pointe de St Gildas", panneau conventionnel. Non, là, c'est un piquet genre râleur avec un contreplaqué plaquait d'une photocopie agrafée sous ou dans du plastique avec des ronds d'eau créés par les agrafes... Le cœur gros et l'âme en colère, je rebrousse chemin un peu dépité de cette réserve naturelle peu encourageante. C'est que je fait cette photo des bateaux à l'amarre ballotés par des flots aussi coléreux.
« Bin, ils ne sont pas en zone de Réserve Naturelle... » allez-vous me rétorquer. On pourrait croire que vous avez raison : hors réserve naturelle, justifiée par ceci ou cela, on ne parle plus de réserve... mais peut-on y agir pour autant sans réserve ? Là est la question et aussi l'objet de fond de ce billet : La planète entière n'est-elle pas réserve naturelle ?
Pourquoi seulement des (tout) petits bouts, en plus très souvent soumis à des dérogations ? L'humain a décidément une sale manie, celle de s'approprier ce qui ne lui appartient pas de droit, quitte à faire la guerre aux êtres en place depuis la nuit des temps quand tout était encore harmonie, calme, volupté, inconscience et absence de lois intellectuelles. Bref.
Je ne parlerai pas des tours de refroidissement de la centrale de Civeau croisées un peu plus tard, ni zones portuaires aperçues un peu plus tôt depuis le pont de St Nazaire, zones où l’on construit des villes flottantes pour vacanciers huppés, ni de nous qui faisions du tourisme sur le retour d’un déménagement de notre fils gardois s’installant pour 8 mois à Lorient !
![[Le président aux commandes son jet-ski cet été à Brégançon]](/images/litho/2026/2609_macron-jetski.jpg)
Je n'évoquerai pas davantage tant d’autres choses de notre époque kafkaïenne qui marche sur la tête je ne pense ici pas aux poux qui, eux, marchent sur les têtes. Il y aurait trop de faits et autres anecdotes à mentionner… comme, allez, au hasard, celle d’un président faisant du jet-ski bruyant, polluant et peu soucieux du monde marin.
Les gens qui empilent des pierres sont donc des menaces pour la biodiversité, je suis une menace pour la nature… cela me laisse pantois.
C’est le lot de l’humanité qui ne peut que créer du désordre dans l’harmonie de la nature. C’est comme ça.
NON ! L’estran n’est pas menacé par quelques empilements de cairns, OUI, il y a une part de sa biodiversité qui trinque à ce loisir créatif. Interdisez donc les baignades cher·ère.s élu·e·s, les balades sur les plages et partout ailleurs car chaque pas d’humain est responsable de morts sans fin !
Et s’il vous plaît, au lieu de telles décisions, commencez par faire des choses sociales pour que les gens aient envie de sentir la créativité qui les titille de moins en moins par les cadres de plus en plus étroits que vous générez. On en est à la dernière limite avant que meurt le désir d'inventer, de produire, de ... créer. Vous contraignez de plus en plus quand il faudrait ouvrir de plus en plus. Je ne veux pas vous lancer spécialement la pierre... mais vous faites des lois qui ne savent que limiter quand l’esprit humain voudrait en permanence s’épanouir. Certes ce ne sont pas forcément des artistes renommés ceux qui empilent des pierres, ils le font parce qu'ils en ont besoin comme prendre l’apéritif : pour un moment de partage et non d’alcoolisation… Vous voyez l’horreur où elle n’est pas, c’est plus ou moins de la perversion ça, non ? Ou de l’horreur fantasmatique, peut-être ?...
Quand j'équilibre mes bawis (ce que vous appelez cairns*), j'aime cet instant méditatif, concentré, hors du temps et de l'utile. Je ne cale ni ne colle rien, cela n'aurait aucun sens. J'utilise mes mains, leur toucher↗ ; parfois je ferme les yeux pour mieux sentir le moment où lâcher. Je me centre. Je me retrouve avec moi-même. Pas de concours, pas de compétition, se faire plaisir gratuitement sans rien gâcher de la nature (eh oui, les pierres retrouvent vite leur statique naturelle, et vous seriez souvent bien dans l'ignorance que ces 4 pierres ont chu depuis celle-ci qui leur servait de base, d'assise (plus ou moins) fiable.
Je vous l'avoue : quand une de mes pierres tombe elle broie ce sur quoi elle s'abat, peut-être une fourmi d'espèce rare... C'est possible, et j'en suis conscient. Quand j'entretiens mon jardin, mes coups de binette tranchent beaucoup de vie, non ?... Voyez-vous ce que je veux dire par-là ? (Je n'utilise pas de tracteur et donc le sol, lui, ne souffre que de mon poids sur mes pieds... mais toute une foule souffre de mon piétinement, voire des coups de bêche ou, pire, de pioche et j'en suis conscient).
Quand les plages sont nettoyées combien de "bestioles" vont-elles passer de vie à trépas ou, pire, en souffrir plus que du morceau de plastique qui faisait leur abri ?
Je ne suis d'accord avec ce panneau que sur un point : quand il y a trop de bawis sans caractère, c'est chi... mais est-ce une raison pour INTERDIRE ? J'en doute. Comme trop souvent, les intérêts prétextés ne sont pas les bons pour pouvoir décider justement et surtout éthiquement, ce sont "juste" des mises en avant là où finalement on n'a pas vraiment d'arguments autres que pour plaire à des fâcheux irrités par ce qui les dérange ou ce qui leur fait peur, ou ... ce qui leur manque de liberté individuelle pour devenir créateur.
Le terrain est forcément chamboulé... Si on peut y mettre un peu d'art et de poésie, cela ne peut que le guérir, "réserve naturelle" ou pas.
Pour voir mes bawis, merci de passer par le menu ou d'aller en page Lithostatique↗ ou parcourir mon lithorama↗ 😊
Les images non sourcées sont de (C) Patrick ROUSSEL
Les cairns sont des tas de pierres, soit. Des tas de pierres en vrac ! Ici ce qui est critiqué ne peut être appelé cairn sans adjectif précisant l'organisation qui permet ... l'équilibre. C'est pour cela que les anglophones parlent de Stone balancing (voir Ici↗ ou là↗