Sujet : CONNAISSANCE
Thème : Voyage à travers l'intelligence qu'elle soit naturelle ou artificielle. On ne lira pas où se trouve l'intelligence mais ce qu'elle fait...
11-05-2026 : catégorie Analyse étiquetée IA, intelligence, penser
INTELLIGENCE ! Le mot est la mode, non ? Mais qu’y a-t-il derrière ce concept ? Oh, je n’ai pas la prétention de reprendre les philosophes, mais juste comme à mon habitude de vous soumettre quelques pistes de réflexion pour recadrer la nôtre et celle des machines.

Tout est là… Les trois images ci-contre sont liées par un cadre, elles racontent une histoire, ici relativement poétique (sacré Mordillo… Guillermo de son prénom). Votre intelligence à immédiatement construit l’histoire avant même que vous ne vous la racontiez. Une mouche se posera sur un endroit de ce tableau sans se poser de question, comme elle le fait avec une vitre : ces "choses" ne font pas parties de son monde autant qu’elles font partie du vôtre.
Ce genre de tableau narratif en séquence s’appelle une bande dessinée… Il présente une image que vous allez animer quelque part en vous*. Et ainsi le tableau devient plus riche. D’autres tableaux sont en une seule séquence (image) et cela ne vous empêche pas ni de voir, ni de vous mettre en route pour décoder l’œuvre. Entre les images qui représentent des faits il y a une rupture, colorée ou non.
*Moi je dis « quelque-part en vous » là où certains diront que c’est le cerveau qui fait ça pour vous, mais comme cela ne correspond pas à mon expérience personnelle je préfère rester vague. Si vous souhaitez mieux saisir cette "vaguitude" je vous conseille un vieille article de ma prose… Cerveau, conscience et je : le manche, la lance et l'artisan
C’est là dans cette rupture que se produit la transition entre une image et une autre, dans les espaces qui séparent une vignette de la suivante dans le sens du récit le passage n’est pas raconté. De même, comme il existe un espace avant le premier dessin, il en existe un autre après le dernier. On peut imaginer ici d’où vient la girafe et ensuite comment elle peut se sortir de son pétrin lié à la Lune. Le lecteur remplit éventuellement les premier et dernier espaces mais il ne peut passer outre le fait qu’il remplit obligatoirement les deux intermédiaires. Cela ne prend pas la forme d’une pensée représentative mais d’une pensée mouvement entre ce qui sort de l’image précédente pour permettre l’image suivante et ce qui entre pour la production de celle-ci. Cela indique la fluidité du récit malgré la fixité des images. On peut (se) raconter dans ce blanc, ce noir ou autre couleur (ici bleu) ce qui se passe entre un dessin et son suivant. En jargon de bédé la bande entre les images s’appelle fort peu poétiquement le “caniveau” (d’autres, comme moi, préfèrent le mot “gouttière”…).
Je vous propose une expérience : voici une bande photographiée… composée de 2 images séparées par une gouttière (enfin là c'est plutôt un fleuve). Imaginez dans ce large espace ce qui peut se passer dans la transition entre ces deux images. Tout est permis, simplement cela doit manifester comment vous passez d’une image à l’autre. Pas facile, facile… n'est-ce pas ? Surtout si l'on ne reconnait pas ces deux lieux.
Quand vous n’avez plus d’imagination cliquez sur le bouton [suivant] tout en bas de l'image pour vous envoyez dans les nuages, il vous restera un espace blanc. Si le nuage vous a inspiré, tant mieux, sinon cliquez à nouveau sur [suivant]. Vous aurez ainsi l’histoire complète.
Bon, j’aurai pu choisir un thème plus léger… Aviez-vous trouvé le lien entre la première et la dernière image ? Vous êtes-vous posé des questions ? Aviez-vous des réponses toutes faites ? Quoi qu'il en soit personne ne vous jugera ici, mais vous avez exercé votre intelligence en essayant de penser comment relier ces deux paysages urbains. Et si vous n’avez pas trouvé la solution (ce à quoi je pensais et que j’ai illustré ici) cela n’est pas grave, éventuellement faites-moi un message pour que je vous envoie la solution.
À l’heure où je peaufine ce billet j’apprends qu’au Japon il existe un concept pour cette espace indéfini mais non inutilement vide : le ma
En cinéma on retrouve aussi l’idée de gouttière entre les plans séquences qui sont plus ou moins brefs ou longs. Cet espace vide est souvent absorbé par un fondu. Aujourd’hui, par exemple, le son prend même de l’avance sur l’image qui n’a plus besoin que de sauter sans transition le spectateur n'a qu'à faire son boulot... Avec la gouttière la respiration dans laquelle le réalisateur entretient le spectateur est souvent gommée éventuellement par la métamorphose visuelle d’un plan séquence à l’autre ou alors elle se fige en un noir long*. Selon le cas, cela vous contraint à respirer sans pause (fondu enchaîné) ou cela vous met en apnée respiratoire et votre tête se met en branle tandis que votre cœur accélère peut-être (noir long ou blanc éblouissant d’ailleurs)… C’est à vous d’habiller la transition, et parfois cela n’est pas évident.
* Long… du genre « Ô temps, suspend ton vol » du fort peu connu Antoine-Léonard Thomas – oui, oui, je ne perds pas les pédales en retirant à Lamartine l’un de ses vers les plus plus connus de son « Le lac », suivez le lien pour en savoir plus...)
L’activité pensante est une activité que nous produisons tous plus ou moins malgré nous comme digérer, respirer, faire circuler le sang ou que nous stimulons intentionnellement comme je vous incite à le faire ici. L’intelligence humaine se loge en grande partie là, pas dans le cerveau mais là : dans cette activité dématérialisée. La fluidité des pensées qui forme cette activité permet un brassage plus ou moins rapide selon le fameux QI et le volume des connaissances antérieures, principalement la culture générale.
Nous avons une faculté pour nous représenter les choses du monde ou celles de nous-mêmes, et nous avons une capacité plus ou moins développée pour établir des liens entre nos représentations, c’est-à-dire les images que nous formons d’après nos impressions ou nos perceptions. Cette capacité est ce que nous appelons intelligence. C’est un peu comme les muscles ou la souplesse (libération des muscles) : si on devient actif on acquiert de la force ou de la capacité de relâchement (je ne parle pas du muscle viande – souvent stéroïdé – mais de la force qu’il est capable de développer). Nous avons tous des muscles et nous avons tous de l’intelligence : c’est inné, les uns matériellement, l’autre non matériellement.

L’intelligence est ce qui relie intérieurement un être à la réalité dans laquelle il évolue. On peut être très intelligent comme on peut être très fort, très riche, etc. mais aussi très naïf, très faible, très pauvre sans avoir à subir un jugement de valeur. J’ai eu un élève qui avait du mal avec l’arithmétique en 3e (France) alors que le maniement des outils ne lui posait jamais de question alors que d’autres à la réputation d’intelligence comprenaient les maths mais pas les outils ni le bois… (oui, j’ai enseigné dans ces deux domaines fort différents, et même plus).
L’intelligence est une sorte d’art du mouvement : passer d’un état à l’autre pour évoluer. Évidemment ce qu’on appelle intelligence est souvent étiqueté en silence « intellectuelle » mais fort heureusement ce n’est pas la seule.
Les animaux ont tous leur intelligence. Celle des castors est absolument remarquable mais pas plus que celle de l’abeille ou celle de l’éléphant ou très certainement celle du scutigère. Les plantes ont la leur qui nous échappe totalement ; elles l’ont indiscutablement par leur disposition à trouver l’eau et la lumière, à cheminer dans les sols caillouteux, voire à se reproduire en passant par le feux ou en attrapant l’insecte inconscient du danger mais pas la brindille portée par une rafale ! Les requins sont-ils « bêtes » parce qu’ils ne comprennent pas qu’on en tue pour que cela serve d’exemple aux autres qui auraient eux aussi l’envie de croquer de l’humain ? (On se demande dans ce dernier cas qui, de l’humain ou du requin, est le plus stupide… alors que l’un est vorace et l’autre naïf – à moins que ce soit l’inverse.
Quant à la machine, on n’y trouve que l’intelligence que les humains peuvent leur accorder. Nos IA (chatGPT, Mistral, Claude et toutes les autres de la clique du clic) n’ont guère plus d’intelligence qu’une tête d’épingle… Même les pierres doivent en avoir plus, les granits comme-ci ou les calcaires comme ça n’ont pas d’intelligence individuelle mais une intelligence d’espèce qui se cache (à mon sens) dans leurs aptitudes physiques et chimiques.
Pourquoi est-ce que j’attribue de l’intelligence aux pierres, disons plutôt aux roches ? Mais parce qu’elles ont une densité propres, les roches, parce qu’elles sont liées au monde qui les entoure, elles sont en relation avec lui jusque dans le plus profond de leur sommeil. La machine n’a en rien l’expérience du monde : oui, même le robot qui sous des airs de faux-semblants ne perçoit que ce que l’humain lui a permis de percevoir, il teste l’image du sentiment humain, pas sa réalité. Le robot peut "découvrir" de nouvelles blockchains mais pas gonfler ses "muscles" ou s’ouvrir à l’inconnu puisqu’il n’a aucun sentiment vis-à-vis du monde qui l’entoure.
L’IA s’appuie sur du calcul, de la manipulation de nombres, et donc sur des apparences de perceptions du monde (jonglage sans jonglage avec des tokens et ds blockchains . Fouillez un peu et vous percevrez que l’absence totale de relation au monde environnant leur interdit toute pensée. Je ne suis pas capable de pénétrer suffisamment ce monde totalement synthétique d’intelligence, je vous laisse entrevoir de quoi il s’agit avec le lien ci-avant issu d’un site du gouvernement français.
En échangeant avec les IA, on perçoit assez vite qu’elles n’ont pas de démarche, seulement des routines, par de perspectives, seulement des suppositions, pas d’ouvertures, pas de lendemains, pas de projet (vous savez, ces choses dans lesquelles on se projette) seulement de la science-fiction. ChatGPT me dit souvent, alors que je le confronte à un problème de code web, « Là, c’est très clair avec ce que tu me montres. Tu fais appel à ceci-cela mais tu ne le définis pas avant et c’est ce qui coince. Etc. Etc. » Et après l’édition de 200 lignes de réponse et de justificatif je peux enfin lui dire « j’ai dit que je fournissais un extrait, il y a donc les choses définies au-dessus et puisque je ne reçois pas d’erreur ces choses ne sont pas en cause [si elles n’étaient pas définies ces choses, la machine buterait sur un obstacle et me le dirait : "tu veux que je fasse quelque chose avec ça, mais 'ça' n’est pas défini.] ChatGPT ne voit pas, il n’écoute pas ce que je décris avec beaucoup d’effort pour m’adresser à sa comprenette (en général, à tous les deux on aboutit au final à une convergence de contrariétés dans des consignes antinomiques)... Voilà comment il n’y a pas d’intelligence dans l’IA… : je dois lui apporter le moyens de regarder où il faut exactement par les questions et il finit par me dire que mon code va bien, que tout devrait se dérouler normalement mais que, là, html pédale probablement et que c’est un cas fréquent (même) chez les codeurs aguerris.
« Ma voiture est sale. Le lave-auto est à 100 mètres de chez moi. Est-ce que j’y vais à pied ou en voiture ? » Réponse dans Numerama.
Dans les années 70 (du siècle passé…) j’avais vu un court-métrage sur l’IA, ou, disons, sur la pertinence des ordinateurs. Je me souviens de la question qui tuait la machine à la fin : quelle heure est-il exactement ?
La réponse étant toujours fausse l’ordi pétait les plombs à force d’essayer de se corriger.
Une bonne question aurait été : À la fin du top, quelle heure était-il exactement à 10– 15 seconde près ? TOP.
Sur cela, je vous laisse à la méditation ou cogitation (ne cherchez pas à me donner l’heure...).
Les images non sourcées sont de (C) Patrick ROUSSEL