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09-03-2026 : catégorie Vivant étiquetée vie, temps, espace, milieu vivant

La Vie, c'est quoi ? [1]

La Vie, c’est quoi ?

Invitation au Vivant

La vie c’est beaucoup de choses… Elles sont toutes dans un chaos monumental, un chaos réglé parfaitement, un chaos grouillant. La vie, c’est une harmonie mélodique avec ses rythmes et (im)pulsions.

des anémones rose et violettes en contrejour
Toutes les mêmes (ou presque), de la fantaisie mais pas fantaisistes (ici anémones).

La vie, c’est une musique ! Est-ce aller trop vite que d’affirmer cela ? Je ne sais. C’est ce que je sens ; un lien profond et intense entre le mot vie et le mot musique.

– Mais Monsieur, la vie c’est ce qui s’écoule entre la naissance et la mort. Et voilà, on a fait le tour !

Ah bon… Seul ce qui naît et meurt serait donc vivant… ce n’est pas bête… La vie c’est un morceau de temps qui a pris corps… Pourquoi pas ?! Une sorte de magie capable de bousculer la matière pour la sortir de son inertie… La vie serait une plaisanterie qu’on invente pour se faire plaisir que cela n’aurait de choquant que l’ambiguïté dans laquelle il faut se placer pour penser cela.

J’en appelle une nouvelle fois à l’humain qui dort en chacun. Il est temps de le réveiller de le pousser à se mettre à l’œuvre. Ceux qui se croient éveillés dorment les yeux ouverts et cherchent à donner des leçons… pour qu’on reste à dormir !!! L’humain est un animal enfin, puisqu’on vous le dit !

Biologiquement, allez, je vous le concède, nous ressemblons à s’y méprendre à des animaux : on copule pour se reproduire, on mange pour vivre jusqu’à en mourir, on respire l’air pour son oxygène, on rejette le gaz carbonique… rares sont ceux qui sont nus comme nous mais il en existe (lombric par exemple). Et cela s’arrête là, au biologique, là où la vie fait son œuvre, où elle active ce qui sans elle devient aussitôt poussière. Et comme nous n’avons pas de fonction manifeste dans la nature qui soit de même « nature » que celle des autres espèces (nous consommateurs prédateurs sans véritables ennemis autres que nous-mêmes), alors on ne peut penser ça, que nous serions animaux. [Voir l’article HUMAIN, tu n’es pas un animal !

En fait, même à ce niveau biologique, je me dis que c’est idiot de penser cela, et encore plus de (se) le répéter. Aucun animal, aucun, ne met sa vie en danger : l’humain oui, en permanence. Dans les siècles d’histoire où il dormait bercé par la nature, il avait déjà l’audace d’affronter bien plus fort que lui, jusqu’à prendre le dessus. Puis il s’est lui-même combattu (et continue aujourd’hui) souvent pour des intérêts puérils ou futiles, voire inutiles.

Aujourd’hui les sports extrêmes nous montrent que l’humain ne démord pas de cet esprit : il veut connaître la mort de son vivant… Ambigu pour un « animal » qui sait même s’empoisonner volontairement, non ?

des grues au départ, en train de se mettre en formation
L'apprentissage de génération en génération, toujours le même. Il a fait ses preuves pendant des millénaires, pourquoi vouloir autre chose (ici grues au départ, prendre la formation).

La Vie (avec un V majuscule)

Le temps s’époumone à se faire entendre. Sans lui, la vie n’est tout simplement pas, je veux dire la Vie, l’action qui s’acharne à bâtir des corps pendant 20 ans, pour le garder au top pendant 40 de plus, puis encore 20 pour apprendre à s’en détacher. Mais "quoi" doit apprendre à se détacher ?… Je pose juste la question, à chacun·e de méditer dessus. Sachez tout de même que c’est bien plus difficile à circonscrire que pouvoir décrire et pratiquement arriver à définir un cristal de quartz par exemple. On connaît bien mieux le cristal qu’on n’expérimente pas du tout que la Vie à partir de laquelle on s’agite. C’est pourquoi je dis qu’on dort. On dort, on rêve et quelque chose maintient notre tout physique en état d’être, en état d’existence, en vie. Et ce quelque chose c’est la Vie.

Oui, cela fait curieux de le dire ainsi, mais pourtant c’est ainsi qu’il faut le dire.

À l’association scIence, il est devenu pour nous une évidence qu’en marge du milieu physique, il existe un milieu vivant. Ce dernier cocoone le premier… Le milieu vivant est le porteur du temps… (là, c’est moi qui le dis, notre association étant tombée en léthargie depuis quelques années avec le décès d’André Faussurier et avec l’âge qui rattrapait déjà plusieurs chercheurs du groupe, je n’ai plus guère l’occasion de rassembler tout le monde). Oui, il existe un milieu vivant qui confine au milieu physique… bref, il n’y a pas d’espace ici suffisamment grand pour approcher la chose.

Curieusement, et personnellement, c’est une brève rencontre épistolaire avec un chercheur émérite de l’académisme parisien qui m’a convaincu malgré lui de l’existence de ce milieu vivant.


Cette première partie est déjà suffisamment dense pour vous laisser méditer tranquillement quelques uns des points qu’elle mentionne.

Je termine avec un poème de Krzyztof JEŹEWSKI, poème tiré du recueil La musique, éd. L’Harmattan (1994)

VII

(Vivaldi : Estro harmonico)

Tout est musique
Tout coule par le son.
De tout lieu s’élèvent
des jardins musicaux.
Et la lumière chante
en ruisseau de fleurs.
Et l’eau chante
en rayon d’aurore.
Tout est musique.
Geste, forme, fraction d’une regard
Et le verbe pensé
Et la pensée verbalisée.
Et l’amour. L’amour avant tout.
Ses sources, ses fleuves, ses océans.
Son automne comblé d’un or douloureux.
Tout est musique.

Suite en seconde partie : La face vivante de notre monde


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