10-03-2026 : catégorie Vivant étiquetée vie, temps, espace, milieu vivant
Revenons à la vie si je puis me permettre cette joyeuse et amusante métaphore.

Pour celui qui dort, le temps n’existe plus et l’espace non plus.
Le temps disparaît "pendant" 6 à 9 h en gros tout en demeurant pour la pendule qui n’a ni vie ni conscience et dont la validation de présence dépend de l’entretien d’un mouvement (mécanique ou électronique). Temps et espace ne disparaissent pas non plus pour les autres vivants qui, pendant l'absence du premier, en gardent une conscience.
Pour celui qui dort le temps et l’espace se mettent en retrait, ils s’effacent de sa conscience, et non l'inverse puisque dans les rêves, les deux sont encore là mais sous forme d'images cette fois, images assez cohérentes pour l'espace et souvent incohérentes pour le temps.
Le corps de son côté demeure en vie. Il retrouve même de la force pendant ce moment car personne n’est là pour le déranger : on a sous les yeux une sorte de légume, pas plus, une structure de vie qui s’auto entretien avec plus de sagesse que quand la conscience rallume la lumière. En fait, là nous observons la vie au travail comme dans un végétal, sans rien pour l’entraver [ 1 ]…
VIE : l’espace vitalisé garde un lien avec le temps.
En dormant l’ensemble corps + temps reste en vie, il est actif. Mais quid de la personne qui s’endort et se réveillera ? Bon, le cas existe où le réveil ne se fait pas : il y a eu un départ, mais pas de retour, et le corps se retrouve sans vie, il n’est plus inscrit que dans l’espace, son temps n’existe vraiment plus pour qui l’habitait jusqu’alors. Très tôt, une autre vie se charge de cet espace dévitalisé ; le matériel va non pas se disperser mais être dispersé en eau, gaz carbonique et cendre (dont os et dents).
Est-ce que la vie a choisi de le quitter, ce corps ? Comme ça ? Parce qu’elle en avait assez ? Non, simplement il n’y a plus d’hôte pour la motiver, l’ancrer, la contenir.
"On" va vous dire que c'est le cerveau qui veille, il maintient sa routine. Et c'est vrai; c'est même son rôle : alors que l'hôte est dieu sait où; le cerveau doit pouvoir le rappeler au plus vite en cas d'urgence, ou bien aussi à l'heure prévue du réveil (c'est ainsi que je me réveille généralement pour éviter la sonnerie...). À cause la routine, nous n'y prêtons guère attention mais à ce moment-là nous retrouvons le sentiment de soi. Personnellement c'est comme une chaleur qui irradie mon corps, parfois de bas en haut, parfois de haut en bas, parfois aussi, c'est tout le corps à partir du cœur (centre et non pompe) vers la périphérie, c'est assez imprécis parce que ma conscience réelle arrive avec ce mouvement. Tout on peut se conditionner avant de s'endormir pour se réveiller avant le réveil... on peut se conditionner à cette attention au moment du réveil ("faire attention à ma conscience de moi dès que je vais me réveiller").
La plante perçoit-elle qu’elle vit ? Sans doute pas plus que nous quand nous dormons et que le corps assume une routine sans interpeller l'hôte. L’animal sent-il qu’il est un morceau de vie autonome ? Pas plus que nous quand nous rêvons (et oui, l’animal a des impressions, des ressentis).
J’entends grommeler certain·e·s : mais la plante aussi est sensible ! D’une certaine manière oui, je suis d’accord, elle cicatrise ses blessures au mieux, ce n'est pas pourtant que la modification vient d'un sentiment. La plante peut répondre à une attaque par des tanins désagréables... ce n'est pas une réponse sensible mais une réaction fortement sollicités par les mêmes tanins dans l'environnement ou par de l’éthylène diffusé dès l'instant des premières parties lésées… De même, notre sang voit son taux de plaquettes augmenter en cas de blessure, c'est-à-dire dès la mise en contact du sang avec l'extérieur, notre sensibilité n'a rien à voir... On a mal là où la vie (notre état de vie) se retrouve en déphasage avec la forme organique usuelle, et ceci seulement s'il y a des terminaisons nerveuses concernées [voir les articles sur les sens, surtout la seconde partie], non parce que le sang coule.
Je ferais aussi volontiers remarquer que la plante demeure dans un sommeil quasi forcé par son manque de système nerveux, c’est-à-dire objectivement : elle n’est pas (jamais) présente à elle-même, alors que l’animal rêve sa présence (à des degré divers selon les espèces), on peut dire qu’il a mal et souffre dans son autonomie ou perçoit du bien être, de la satisfaction dans cette même autonomie. [ 1 ]
On essaie de trouver des réponses à nos multiples questions parce qu’on veut savoir tout ça afin de déterminer quel est notre lien à la vie, mais le savoir en lui-même ne nous apportera rien de plus que l’expérience si ce n’est une capacité renforcée pour les soins. On expérimente la vie pendant toute notre vie, et ce « on » c’est chacun de nous.
À force de chercher, de fouiller à la loupe, on risque dans un premier temps de comprendre que les molécules de synthèse sont sans doute efficaces, mais elle ne le sont pas dans la durée ; le mal couve souvent, la rémission n’est pas assurée, elles permettent souvent le soin mais pas la guérison.
Le sujet est inépuisable car la science actuelle ne considère pas la vie comme un ensemble de forces mais plutôt comme un jeu électronique et chimique (pour lequel il est bon de croire au Père Noël), ni comme un milieu en tant qu’espace conjoint à l’espace physique, mais où peuvent s’exercer les forces de vie.
C’est un peu comme pour l’agriculture : biologique pendant des millénaires, chimique de synthèse depuis 80 ans boostée, soutenue par notre « évolution technologique » aveuglante, elle croit aujourd’hui encore tout réformer alors qu’elle ne fait que stériliser les sols (voir les travaux acharnés du couple Bourguignon (Lydia et Claude), et aussi ceux de l’INRAE qui enfin se met au travail en communiquant ce qui se fait pas loin de chez eux… (Rés0Pest, des gens qui ne peuvent se passer de molécules de synthèses et arriveront sans doute, comme une découverte géniale, à l’agriculture biologique, tout simplement…)
Je dirais que tant qu’on se contente de vivoter de façon purement grégaire, alors oui on agit comme l’animal qu’on nous dit être, animal de zoo, nourri et soigné malgré lui… Et si on dit stop à cet état de fait, tout ne devient pas rose mais déjà on fait un pas vers le milieu vivant en s’échappant du milieu physique, c’est indispensable à la nature humaine :
nous devons prendre du recul rien que pour se retrouver avec soi-même.
Nous devrions être reconnaissant à la vie, c’est déjà le premier pas de côté à faire pour sortir de la glu dans laquelle nous nous empêtrons sans vouloir (ni pouvoir) voir où se trouvent nos véritables intérêts, enfin derrière « nos intérêts » il faut mettre les nôtres et ceux de la planètes toute entière.
Malgré tout, les bonnes intentions de certains chercheurs du monde académique, femmes et hommes qu’on peut qualifier d’éthiques, si rien ne vient alimenter leur ouverture d’esprit, nous resterons aveugles.
Le milieu vivant est la première des marches sur laquelle nous devons nous hisser, d’autres se dessinent à partir du moment où le premier pas est entamé. Ces marches devraient nous aspirer une fois le contact avec le Vivant réaliser. J’ai parlé au conditionnel car je ne suis pas certain que ce but soit une véritable inspiration, alors je le minimise en espoir, c’est déjà ça… C’est un autre monde qui nous attend (et cela, j’en suis certain, d’une certitude du cœur, pas de la tête…).
Il faudra qu’un jour je vous parle du logo de l’association scIence, mais pour l’heure je vous laisse avec Bilal, jeune lecteur à voix haute.
1) Il est extrêmement difficile de suivre un fil rouge pour parler de la vie parce que c’est un tout bien plus complexe que le monde physique où les processus actifs sont peu nombreux : si vous parlez de l’électricité dans les conducteurs, il n’est pas nécessaire de voir des liens avec la radioactivité même si les deux s’appuient apparemment sur des histoires de quanta.
La Vie est un tableau, pas un fil, la logique n'est pas son fort... pourtant chez elle aussi la relation de cause à effet possède une place de reine. [↑]