Thème : Cet article prolonge ceux sur les sens en passant à la sensualité et en allant jusqu'au sexe
27-04-2026 : catégorie Sexualité
Impossible de tout dire en une seule passe qui serait longue, fastidieuse, contraignante et donc insatisfaisante. Cet article se retrouve en trois parties avec probablement une quatrième, plus tard, encore trop nébuleuse en moi. Mais j’y pense, et bien des choses dites ici y feront de discrètes allusions. Je veux parler de LGBTQIA+ ou, si ce terme ne vous parle pas, OO, II, et plus encore… 1
Nous pourrions voir ici une extension à la série d’articles sur le sujet de Nos sens
La quête du monde par les sens pousse vers lui-même celui qui est pourvu de sens qu’il peut (re)connaître, voire solliciter.
Il est indispensable de comprendre cela : nos sens sont éclairés par la conscience qui, de fait, peut altérer notre jugement premier. Nos yeux voient très bien (…) et notre cerveau ne nous trompe pas dans les illusions optiques, yeux et cerveau font tous les deux leur travail[2]. Regardez cette image adoucie et floutée. Vous la comprenez elle est dans le thème.... Agrandissez-là et fixez le point blanc central (vous pouvez jouer à modifier la distance entre l’écran et vos yeux – ou votre œil) [3].
Le sens du goût par exemple ne permet pas seulement de dire « j’aime » ou « je n’aime pas », ou encore « bof », il nous permet aussi de savoir pourquoi on apprécie ou pas. Si on apprécie, on y retourne et si on y retourne on observe parfois des différences que l’on peut attribuer à ce qu’on goûte ou à notre état intérieur (ouvert, fermé, indifférent, malade, enrhumé, (hyper)actif, anxieux, etc.).
Notre âme alors nous permet de nous situer par rapport à la chose en tant qu’individu. L’expérience personnelle est entièrement et strictement personnelle, on le sait : « les goûts et les couleurs, cela ne se discute pas ! » On peut se mettre d’accord sur les grandes lignes comme c’est salé, amer, sucré, ou réglisse (inclassable), mais les nuances soulèvent des discussions à n’en plus finir.
Dans la plupart des cas de sollicitations des sens on est seul ; quand je te parle, tu m’entends. Quand je te sens (odorat) tu ne me sens pas forcément.
Il n’y a qu’un seul cas où l’expérience est mutuelle : le toucher, le peau contre peau, c’est-à-dire tu me touche donc je te touche. Dans ce jeu, l’action peut être partagée (je donne, tu ressens ou vice-versa) ou imposée (tu me touches, je ne le veux pas, je suis donc dans la contrainte ou inversement), mais pas le ressenti....

Le toucher revêt toujours une certaine sensualité, même si vous êtes chez un·e thérapeute dont l’art ou la science est manuelle. Même si le geste se justifie thérapeutiquement le contact peut prendre des allures qui touchent à l’intime. L’ostéopathe ne vous prévient pas quand il s’agit de travailler sur l’occiput mais s’iel s’approche des zones intimes (en général, celles qu’on n’expose pas sans contexte particulier), son devoir est de vous avertir de façon à ce que vous puissiez accepter ou refuser voire seulement tolérer.
Derrière tout cela, derrière le contact de peau à peau il existe tout un monde qui n’est pas que corporel, physique ou physiologique. Il y a le monde de soi, le monde de l’intimité. Il est parfois écartelé entre morale et dégoût ou envie, parfois totalement assumé jusqu’à la fougueuse énergie du couple ou totalement ignorable (on ne se papouille pas entre (seulement) voisins…) ou encore partiellement inacceptable (le viol par exemple, ou les attitudes spécifiquement sexistes quand l’une des parties en cause s’autorise des choses par supériorité supposée ou imposée pour sa seule propre satisfaction.
Nous allons nous cantonner pour la suite dans le cadre d’une relation totalement et librement assumée par les partenaires en cause.
Lors d’une relation de couple celle-ci doit être consentie par les deux partenaires, cela devrait nous paraître évident si l’on est sain d’âme sur ce sujet. Il ne saurait y avoir de « devoir conjugal ». Pourtant, force nous est de constater que chacun, même s’il a convolé en juste noce comme on disait dans le temps, n’a aucune raison d’avoir au même moment un désir réciproque de l’autre. Sauf exception, le désir de l’un n’entraîne pas automatiquement le désir de l’autre. Celui de l’un peut le solliciter chez autrui, mais ni le forcer ni l’imposer.
C’est là qu’apparaît le tact, terme intéressant s’il peut être en terme d’étymologie : tact vient du latin tactus (« action de toucher, sens du toucher »), dérivé du verbe tangere (« toucher »). Initialement utilisé pour désigner ce sens physique du toucher, il a évolué vers un sens figuré au XVIIIe siècle pour signifier la délicatesse et la mesure dans le comportement. (Source CNRTL, tact). Avoir du tact n’est donc pas une mince affaire…
Il s’agit pleinement de solliciter son sens du moi d’autrui dans sa déclinaison la plus large : je suis et je sais que, toi, tu es autant que moi. Une simple main posée sur le corps de l’autre peut demander, proposer, suggérer, dénoter une attente, solliciter une réponse. La main doit être une simple question, uniquement par sa présence statique, non par un mouvement. L’autre montre-t-il une gêne ou un relâchement, voire une indifférence ? La gêne exprime un non qu’on n’a pas envie de justifier, le relâchement dit oui (surtout s’il est accompagné d’un mot encourageant, l’indifférence dit simplement « je ne sais pas pour l’instant (j’en suis à p’tet bin qu’oui, p’tet bin qu’non) je te laisse venir pour savoir si je suis en état de me laisser aller pour accueillir des caresses plus intimes ou si je risque de me fermer… ».
Le mouvement peut venir dans un second temps. Quand la main est acceptée, la question se précise. Pour autant le mouvement ne saurait devenir aussitôt caresse, et encore moins une caresse intime. Là, le genre commence à se faire sentir dans le couple, soit par différence, soit par unité (je parle de relation de couple, pas de relations … commerciales). Il est certain que des hommes entre eux seront plus rapides que des femmes entre elles ou qu’un couple mixte.
On touche, donc on se touche. Je touche ton ventre avec ma main donc tu touches ma main avec ton ventre. La main peut-elle descendre, monter, rester-là ? On ne sait pas quand ce sera le sujet de l’échange ou, même, s’il peut avoir lieu. Le regard ou la voix peuvent compléter la demande, mais là aussi tout est affaire de tact selon le sens actuel de ce mot selon comme on se connaît. Nous pourrions dire que dans « tact » il y a « respect » en même temps que « demande » ou attente, espoir, envie, etc. mais quoi qu’il en soit certainement pas « contrainte » ! On est censé se connaître assez dans un couple pour voir si à terme la demande a été entendue, ou si elle a été reçue mais qu’elle est rejetée, ou si on n’attendait que ça en pensant que l’autre voulait dormir après la dure journée racontée en soirée… Bref, mille cas sont possibles : le tact doit assumer !
À suivre, partie II : Ce qu’il faut noter à propos les organes génitaux humains
Les images non sourcées sont de (C) Patrick ROUSSEL
1) LGBTQIA+ : pour clarifier ma nébuleuse sur ces thèmes et si vous apprécieriez me confier votre expérience n’hésitez pas à me contacter (via le menu).
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2) Votre cerveau vous trompe-t-il ? NON ! Ma réponse est catégorique. Notre cerveau ne s’implique pas dans nos processus qui ne le concerne pas. Pourquoi alors dit-on toujours, lit-on, entend-on toujours cela ? La raison est simple : on n’accorde aucun intérêt au véritable chef d’orchestre, on pense que c’est le cerveau qui a ce rôle. Vos reins traite votre sang pour en extraire l’urine, le cerveau fait la même chose avec les images (et tout le reste qu’il centralise). Votre œil reçoit une image. Votre cerveau ne la voit pas ; il permet à l’image d’entrer en vous, de se former en vous, et ce "vous", c’est le chef d’orchestre. Quand le chef d’orchestre s’en va le cerveau n’est plus rien. Ceci dit le chef d’orchestre peut sortir quelques heures ou garder un œil discret sur vos turpitudes, sans que pour autant l’orchestre parte en … comment on dit déjà ? Je ne me rappelle plus… Ah ça me revient « en grelots du Père Noël » (enfin des licols des cerfs du Père Noël, ou un truc du même genre).
Votre jugement est bien plus souvent que votre cerveau soumis au risque de se faire berner.
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3) Effet Troxler : voir bref article sur wikipédia , vous y trouverez cette image plus parlante que celle mise en début d’article ici. 
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