Sujet : ANTHROPOLOGIE
Thème : Dernière étape où nous abordons les différences de dynamiques entre les deux natures sexuelles biologiques. Nous évoquons aussi une curieuse société, louée ou fustigée selon les gens...
29-04-2026 : catégorie Sexualité étiquetée hormones, amour, aimer
La séquence vidéo de la fin de partie 2/3 s’est invitée comme ça pour montrer jusqu’où le parfum peut agir (enfin pourrait agir) s’il était manipulé jusqu’à son extrémité la plus subtile dans la société. Il ne s’agit pas du tout d’obsession sexuelle dans cette histoire, mais d’un nez bien plus nez que tout autre nez existant, ayant existé ou qui n’existera. Pour l’heure, revenons à nos "s;moutons" placides.
Si vous faites deux colonnes avec les critères des unes et des autres, sur une même ligne de qualité, la différence fondamentale entre la femme et l’homme s’affiche immédiatement. Hormis le bassin plus ouvert chez la femme et quelques autres critères plus ou moins affirmés il n’existe aucune différenciation en terme de supériorité de l’un sur l’autre. La puissance musculaire (et pileuse…) doit être mise en face de la puissance génitrice de la future mère afin d’annuler toute prétention de supériorité.
La mère ouvre un espace intérieur non seulement dans son corps mais essentiellement dans son âme tandis que l’homme s’ouvre surtout au monde extérieur. Pas de supériorité non plus ici mais deux attitudes différentes face au monde. Et puis rien n’empêche les hommes d’être sensibles ou les femmes brasseuses de roches. On a tous en nous un souvenir de l’autre part de soi-même qu’on n’a pas mené à son terme.
J’ai lu une sorte d’hypothèse qui tente de postuler que le placenta est le frère jumeau ou la sœur jumelle qu’on n’a pas eu… Si vous avez un peu médité sur l’extrapolation suggérée au chapitre précédent, vous aurez senti que peut-être votre éventuel·le ami·e caché·e d’enfance ne pouvait pas avoir de corporéité, mais seulement une trace d’être, comme une lueur de présence.
Parmi les autres critères de différenciation des sexes on peut évoquer la production de Testostérone par les testicules. Cette hormone dite mâle participe du développement des caractères sexuels secondaires (pilosité, voix grave, masse musculaire), la production de spermatozoïdes (spermatogenèse), la libido et la densité osseuse ! Chez la femme, les œstrogènes et la progestérone, sont produites en grande partie par les ovaires. Elles participent du cycle menstruel, de la fertilité, du développement des caractères sexuels secondaires et de la santé globale (os, cœur, humeur). Chez la femme comme chez l’homme, Testostérone et oestrogènes existent ;l’une ou l’autre de ces hormones dominent l’Antimüllérienne n’efface peut-être pas et la progestérone qui reste essentielle chez l’homme aussi, l’Antimüllérienne ne fait peut être que déséquilibrer les proportions. Chez les deux, les taux varient en fonction de l’âge. [1]
Il nous reste à évoquer un peu plus les hommes qui ne se sentent pas en harmonie avec leur corps masculin (ou paternel) et les femmes qui ne se sentent pas en harmonie avec leur corps féminin (ou maternel). Ce sera probablement l’objet d’un prochain billet.
Ne soyons pas dupes, ni nous les hommes, ni vous les femmes : quelque soit le couple présent (FF, FH, HH) l’un est l’autre peuvent (faire semblant de) fusionner leurs corps mais pas leurs âmes. Oui, bien sûr, nous nous sentons uni·e·s par l’amour mutuel et sentimental, mais même si les corps se raccordent correctement et naturellement (cas FH, sexe en rapport avec sexe), chaque protagoniste garde son ressenti pour lui, sa croyance en l'autre pour lui. L’expérience sensuelle est individuelle comme l'expérience animique. Même si mes lèvres touchent les tiennent, seul mon corps réagit de mon côté, et je demeure ignorant, dans mon vécu, en majeur partie de ce qui se produit pour toi d’autant plus si tu ne le manifestes pas, ne l’exprime pas. La conjonction orgasmique échéante peut sembler montrer enfin une sorte d’unicité du nous, mais c’est forcément sinon une duplicité au maximum la coïncidence d’un ressenti simultané à travers notre union ; la jouissance de l'un déclenche parfois la jouissance de l'autre mais à ce moment la conscience du nous reste bien loin de celle de l'instant.
Seuls certains êtres sont doués d’une aptitude personnelle pour ressentir profondément (sans se faire des idées) ce que l’autre vit, et cela dans la vie de tous les jours : la peine, le bonheur, la tristesse, la douleur, l’Amour. C'est l'empathie. Ils ne vont pas obligatoirement exercer cette capacité jusque dans l’acte sexuel où, enfin peut-être et le cas échéant, ils pourraient ressentir la jouissance de l’autre. Peut-être ressentent-ils tout de même le (dé)plaisir ressenti pour suspendre ou garder le geste ; il faudrait leur demander…
Un darshan où l’empathie atteint à son extrémité sociale…
Quand l’homme perd tout contrôle, souvent malgré lui, la femme n’est pas encore ou plus forcément prête à perdre le sien. Cela n’empêche pas le lien amoureux (celui qui assure le "nous") même si cela peut sembler frustrant… une autre fois la frustration sera dans l’autre sens. Les partenaires sont individuels ; c’est chacun pour soi dans une joie commune, un bonheur d’être ensemble pour un vécu néanmoins personnel !
Faire l’amour, ce n'est pas seulement copuler, c’est vivre l’autre au plus près, c’est faire l’acte de créer l’union impossible des corps masculin et féminin, c’est une sorte de volonté d’atteindre à l’état embryonnaire, à l’état pré-genré c'est-à-dire l’état d’humain dans sa nature la moins terrestre et cela par le geste amoureux le plus dense possible.
Évidemment, si la rencontre HF est idéale physiologiquement, les autres rencontres (FF et HH) ne sont pas pour autant en manque de "ça" puisque les deux natures, masculine et féminine, sont en chacun. L’un retrouve chez l’autre sa part manquante (comme quoi zézette et zizi ne sont pas les indispensables du geste amoureux...). Pour le nous, la fusion se fait au niveau du cœur, pas l'organe mais la zone comprenant aussi le pôle respiratoire. Nous partageons le même air, c'est-à-dire j'inspire une part que tu as expiré et j'expire une part de ce que tu vas inspirer et poitrine contre poitrine, le cas échéant, nos cœurs sont proches, ils peuvent se percevoir, s'entendre... puisqu'ils sont exactement dans la même fonction (contrairement aux sexes).
Rassurons-nous : la vie ce n’est pas faire l’amour. L’amour est beaucoup plus large que le rapport entre sexes, moins physique mais plus riche. À l’échelle sociale, c’est un peu comme l’économie… : vous pouvez avoir un compte en banque très gros mais une pauvreté d’âme encore plus grosse (je ne citerai personne, chacun·e trouvera les exemples qu’iel entend).
Ce ne sont ni la taille du pénis (les hommes comprendront) ni l’énergie vaginale (les femmes comprendront) qui apportent le bonheur dans le couple. La relation sexuelle n’est pas un but en soi chez l’humain, on doit pouvoir dire qu’elle est un plus dans le couple mais pas le must.
Dans la société humaine (non dépravée même par le parfum le plus subtil et délicat…) la femme et l’homme n’ont pas besoin de se distinguer. La société, c’est "tout le monde ensemble". Genre, classe sociale, richesse, culture, fantaisie, origine, tout ce qui distingue l’individu de ceux qui sont autour de lui ne relève pas de la société mais de l’identité. Hommes et femmes sont égaux autant que les femmes entre elles ou les hommes entre eux.
L’habit ne fait pas le moine, l’uniforme n’impose pas l’autorité, la blouse blanche n’est pas une garantie de guérison ni de pureté, etc. etc.
En ville toutes les personnes trop inhibées trouvent le moyens de masquer leur(s) critère(s) d’inhibition en s’exhibant d’une manière ou d’une autre… En général, le vêtement devient maquillage : « Tout monde sait que les rayures verticales amaincissent » In La Rose et le Glaive, album Astérix et Obélix

Vous avez peut-être eu la chance (car c’en est une même si par choix vous ne vous y adonnez pas ou plus) de pratiquer au cours de votre vie une expérience naturiste. Pas tout·e nu·e pour une lubie de bronzage (une sorte de fond de teint...) sur votre terrasse vous protégeant de tous regards indiscrets, malsains ou pervers. En étant tout·e nu·e dans un espace où vos homologues adultes le sont aussi vous pouvez assez facilement retrouver l'ambiance où le genre n'apparait pas vraiment (bon, il saute aux yeux, c'est vrai...). Je veux parler de l'ambiance de la petite enfance, alors que le petit être européen ne réalise pas encore que son copain est peut-être congolais de souche, voire que le garçon là-bas, comme il dit, est une fille les enfants sont tout nature entre eux jusqu’au moment où ils commencent à se cacher pour faire les besoins ou la toilette, la pudeur est la porte d'entrée de la maturité adulte même si le chemin est encore long, la prise de conscience de soi dans un corps n'est pas une évidence au début.
La seule chose que vous abandonnez en entrant en naturisme (vos vêtements) permet de mettre tout le monde sur un même plan non hiérarchisé : le prêtre n'a plus son col blanc, le général a délaissé sa légion d'honneur, etc., mais l'ivrogne peut avoir son nez rouge et la doctoresse sont stéthoscope, le dictateur son uniforme et ses lunettes noires...
Et là, tous tout nus, quand tout le monde est uni par le soleil, l'air tiède, dans une atmosphère bon enfant, il se passe quelque chose d’incroyable (éventuellement) : on s’aperçoit que même avec le corps tout entier à l’air, le sexe n’est pas au centre de cette "société". Oui, on voit des gens qui ne cachent rien d’eux, et du coup cela met à plat tous les complexes qu’on peut avoir. J’ose dire « tous les complexes » car je pense qu’au fond ils disparaissent tous par le simple fait d’être nu·e au milieu de plein d’autres gens qui le sont aussi. Et ces complexes qui nous barrent bien des routes s’affichent alors comme des riens, ou alors ils se dévoilent aux aussi comme les simples empêcheurs d’être qu'ils sont, ni plus, ni moins.
Évidemment le premier complexe dont il faut se dépouiller c’est l’inhibition. Une fois passée, ou même seulement acceptée, la peur d’être vue comme seulement ce qu’on passe son temps à cacher par décence publique, on accède à une liberté que tous les naturistes vous confirmeront. Cette liberté c’est « être soi » tout court et pas seulement « être l’image qu’on veut donner de soi » (bien sûr certain·e·s seront fières ou fiers de leurs formes ou de leur musculature ou de leur attributs à vocation sexuelle). En ville tout parle de vous soit sur l’air que vous voulez vous donner. Cela agit pour vous si vous êtes doué·e ou contre vous si vous n’avez pas fait attention (et que vous êtes, par exemple, sorti·e en pyjama, ou dans une tenue que les gens verront comme un pyjama alors qu’il n’en est rien pour vous).
Vêtu·e, vous n’êtes pas vous, vous n’êtes toujours que l’image de vous. En même temps on n’a pas toujours envie de donner à tout le monde ce qu’on est… on donne souvent plus pour faire plus et aussi parce qu’ainsi on se sent mieux en s’affichant au-delà de ce qu’on se sent.
Ce faisant on comprend que l’exhibition n’est pas le contraire de l’inhibition mais que les deux sont polaires l’une de l’autre. Polaire, cela signifie que les deux entités (pôles[2]) sont de même nature avec des gestes antagonistes. L’exhibitionniste n’a pas de place dans un camp naturiste, pas plus qu’un voyeur pervers ou un intermédiaire entre ces deux-là. La personne qui dans la vie quotidienne, ordinaire se trouve trop ceci ou pas assez cela, chez les naturistes elle affirme son droit de dire :« je suis bedonnant mais je m’en fiche ! J'ai les seins qui chuchotent à mon nombril... et alors ? Je ne suis pas mon corps ! ».
Fait-on l'amour ? Oui, selon l'expression consacrée, mais non selon la réalité. Il y a autant d'amour dans un regard que dans le jeu des sexes sinon plus... Dans le jeu des sexes chacun se retrouve lui-même. Dans le regard un dialogue s'installe, sans mot, sans impulsion. C'est le dialogue en silence de deux êtres qui, éventuellement, s'aiment. L'amour c'est la couleur que prend ce dialogue quand il est des deux côtés l'écho de ce qu'il émet, quand l'émoi gagne les protagonistes ensemble.
L'amour n'est pas dans la jouissance commune, et encore moins dans celle inévitablement individuelle : ça, c'est le dialogue des corps, pas celui des âmes, pas celui des êtres. La pénétration ou son accueil n'est pas l'amour, c'est juste l'acte reproducteur (qu'il débouche ou non sur un nouvel être). Deux êtres de même sexe peuvent s'aimer autant, voire plus, voire moins que deux êtres qui n'ont pas le désir de s'unir corporellement. Deux êtres dont les corps capitulent (la panne, le blocage, la libido qui s'envole) n'empêchent pas l'amour d'agir. L'amour est au-delà des corps
On ne fait pas l'amour, on le vit, on se le parle, on se le chuchote ou on se le chante, on se le montre, on se le dialogue en silence (si vous me permettez ce néologisme). Là, dans le lien qui se forme, un être passe dans l'autre bien au-delà de toute histoire de forme. L'échange de sueurs, de salives et de sucs séminaux n'a rien à voir avec l'amour... Quand on s'aime ces échanges ont un charme dopant qu'on peut avoir envie de transcender, certes, mais l'important, c'est ce don de soi à l'autre comme une parole de l'un pour l'accueil de l'autre. L'homme n'est pas ce qui donne et la femme ce qui reçoit dans un absolu amoureux. L'amour c'est quand les deux donnent et reçoivent, savent donner et recevoir, peuvent donner et recevoir, librement, sans pression, sans soumission, sans compétition, sans exploit.
L'amour peut-il aussi être à sens unique ? Peut-il n'être que l'attente de l'un ? Non. Je peux t'aimer, j'en suis libre, même si tu n'accueilles pas cet amour-là car il reste non exprimé ou non entendu (amour platonique par exemple) mais si le dialogue ne se noue pas entre nous je puis t'aimer dans l'empathie et avoir le bonheur d'arrondir peut-être et de loin les angles de ta vie. Je t'aime mais ce n'est pas pleinement de l'amour, cela le deviendra dès que tu l'accueilleras. Pour l'heure il est chez moi, pour toi, et un jour peut-être l'entendras-tu, alors il se révélera entre nous et autour de nous, comme une réalité indépendante de nous. Alors il pourra nourrir le monde.
En termes de société, nourrir le monde, c'est y faire grandir l'amour. Dire cela suffit à comprendre que le sexe n'est pas l'amour, que l'amour est bien au-delà de la limite corporelle. Et si l'amour ne vient pas alors les tiraillements entre les êtres dominent. La séparation des corps, celles des âmes aussi, tout cela laisse le trône pour l'opportuniste dissension. Le remède à la guerre ce n'est pas l'amour... c'est l'écoute de l'autre en tant qu'être (esprit ?) et sa reconnaissance à égal niveau que soi. Là le dialogue s'installe, s'instille... On peut alors créer, bâtir et œuvrer en paix commune. Lentement l'amour servira de liant entre tous les concernés, in fine tous les êtres vivants et pourquoi pas jusqu'aux roches endormies...
Faire l'amour physique (le vrai, pas celui qu'on impose) au lieu de la guerre, c'est un début, les deux dialogueurs en sortent grandis. Mais on peut aussi se passer des corps, les âmes savent faire l'amour quand elle le veulent, et elles appellent cela "la paix".
Mise à jour du 15 mai 2026 : Pour découvrir la métamorphose à travers les âges de la femme, voici un article (en anglais – en VO cela doit être plus fiable qu'en traduction automatique) The Female Body Was Not Designed for the Sex Most Women Are Having After 35 ↗
Autrement dit : "Le corps féminin n'a pas été conçu pour les rapports sexuels que la plupart des femmes ont après 35 ans". Les hommes sont généralement responsables de leur propre déception... (la routine a sa part aussi, et là, les deux partenaires sont responsables).
J'ajoute aussi ce lien curieusement arrivé dans ma boite mail ce 15 mai en même temps que le précédent... L'humain est polyphonique ↗
Il nous présente ce que je pense mais avec d'autres mots.
Je l'avais évoqué d'entrée de jeu : je pense à une suite mais pas aussi intime, plutôt avec une réflexion sur les hormones (et non forcément sexuelles). Cette page en fera mention le cas échéant.
Les images non sourcées sont de (C) Patrick ROUSSEL
1) Hormones issues des gonades :
Variations et Impacts :
2) Polarité : Il n'y a pas d'histoire de contraire ou d'opposé dans l'idée de polarité. Au sein d'un contexte donné il peut y avoir deux gestes différents, ils représentent les deux pôles... Ainsi, hommes et femmes sont polaires autant au niveau des corps que de l'âme. On l'a vu au niveau biologique, vous le percevrez au niveau animique sans problème je pense. [IMPORTANT : on n'est pas en science physique quand on regarde l'humain (ou n'importe quel organisme vivant d'ailleurs) ; il y a nombre de facteurs non tangibles, non quantifiables qui entrent en considération, avec généralement bien plus incidence que celles induites par les facteurs tangibles.]
