Sujet : BIOLOGIE
Thème : Le cerveau est sur toutes les lèvres, sur toutes les chaînes dans tous les réseaux. Pourrait-on le "voir" autrement que comme il est raconté?...


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08-08-2026 : catégorie

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Mal au cerveau ?...

Nous allons parler de ce qui se passe dans la boîte crânienne à partir d'une vidéo qui m'a été proposée par FaceBook et qui forcément m'a interpellé. Dès qu'on parle de cerveau, le mien a mal, il doit avoir un bug à l'évocation de ce mot. J'ai donc réagi par un commentaire... que j'ai retenu car il demandait évidemment du développement.

Suis-je ou pas mon cerveau ?

En français l'expression "suis-je" ne permet pas toujours d'exprimer la bonne idée : Être ou Suivre. Cette ambiguïté dans le titre est en même temps une belle opportunité. Est-ce que "je" est dans son (ou "un") cerveau ou est-ce que "je" est sous la coupe de son cerveau biologique et doit se résoudre à suivre ses caprices ?

Ceux qui me suivent ont déjà la réponse, enfin je pense. Le cerveau est un organe (donc biologique) exactement au même titre qu'un rein ou un foie. Il ne joue pas le même rôle car leur tâche à eux est déjà spécialisée comme une sorte d'extrapolation du corps pour assumer une fonction spéciale. Le foie assume sa tâche, le rein la sienne et le cerveau fait de même, comme le cœur, l'estomac, la rate, l’œil, etc.

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Que "fait" le cerveau ?

Faites l'exercice proposé par la vidéo et concentrez-vous sur votre cerveau. "Pas facile" allez-vous dire... avec raison. La masse nerveuse du cerveau n'a rien à nous dire, Elle est insensible... cela peut nous laisser pantois. Observez maintenant l'image qui suit du verbe suivre sinon j'aurai dit "l'image qui est"...😉

[image: ondulation de formes bigarrées]

D'emblée, comme ça, à l'emporté, je dirais qu'il ne fait ... rien ! Le rein filtre l'eau du corps récupérée du sang ; le cœur bât pour pomper diriger les sangs veineux (chargé en CO2) et artériel (chargé en O2) mais ne tombe pas amoureux ; le foie, euh, le foie, disons qu'il s'occupe du sang mais il ne trinque pas à notre santé ; le tube digestif est une sorte de multi organe ou organe multitâche en cascade, l'oreille reste toujours à l'écoute, etc. etc. Le cerveau; lui, en fait, il rééquilibre le dosage sanguin en hormones tout de même, mais cela ne concerne pas une grande partie de toute sa masse.

Le cerveau est un peu comme le tube digestif, non ?. Il est multitâche mais pas en cascade, pas en série, en suite, il est multitâche en parallèle. Il est connecté à tout le corps et un peu à l'extérieur via quelques interfaces qu'on appelle "sens ↗".

La vidéo

Cette dame nous présente un exercice plébiscité apparemment par les neurosciences pour étudier comment notre cerveau réorganise l'équilibre. Elle dit je cite :

Tu vas tout de suite sentir que ton cerveau doit se débrouiller sans les yeux (ça, oui, nous les tenons fermés) en s'appuyant sur l'oreille interne (ah bon... moi je ne sens rien de ce côté) et les appuis au sol (ça encore oui, je joue tour à tour sur le trépied d'un pied et puis avec l'autre). Bon, prenons cela comme un point de vue, mais, personnellement j'y mets un bémol.
Une étude de 2019 a montré que répéter ce genre d'exercice pendant seulement six séances change la façon dont le cerveau pondère ces trois sources d'info, chez des adultes en bonne santé.
Ton cerveau devient littéralement meilleur pour trier l'information sensorielle.

Parallèlement à cela je lis que nos nerfs dits moteurs ne sont pas si moteurs que cela puisqu'ils sont dans la grande majorité des cas sensitifs en même temps. Ceci devrait nous interpeller sérieusement. Si vous avez cliqué sur le lien vous savez maintenant que les nerfs strictement moteurs sont peu nombreux et tous sont à destination de la tête. L'article cité en référence décrit le "mécanisme" du transport d'information. J'ai toujours un peu de mal avec la mécanisation du vivant le bug doit être là... 😉

Nerf moteur

La plupart des nerfs étant mixtes, c'est-à-dire à la fois moteurs et sensitifs, les nerfs exclusivement moteurs sont des exceptions. Il s'agit, pour les nerfs crâniens, des nerfs oculomoteur, trochléaire, abducens, accessoire et hypoglosse. Les nerfs spinaux et tous les autres nerfs crâniens sont mixtes ou sensitifs.


Extrait de Wikipédia récupéré le 06/08/2026. [Voir l'article complet ↗]

La question qui me vient alors spontanément est la suivante : à partir de quoi le cerveau est-il en mesure de corriger une position ? Un robot, soit, il est construit pour ça, mais le cerveau n'est pas construit, lui... Il se forme à l'abri du déséquilibre, dans l'apesanteur induite par le liquide amniotique... Bon, j'admets que l'expérience fait foi et que le bébé va souvent avoir besoin de rétablir son équilibre au cours de son apprentissage de la marche. Quelque chose alors de son corps prend note du comment rétablir, c'est devenu un mouvement connu, sous forme vitale et non en pixel...

Mais avant de marcher, comment le cerveau sait-il qu'il faut se lever pour marcher ? Commentfait-il pour que le petit corps s'organise jusqu'à se lever et finir quelques temps après à mettre un pied devant l'autre en créant obligatoirement un déséquilibre ?

On me dira, c'est dans les gènes... raccourci facile. Mais tous nos gestes ne sont pas dans nos gènes... Pourquoi, moi par exemple, j'ai une incapacité chronique avec le rythme ? J'ai essayé, soutenu par des enfants ayant le rythme dans la peau comme on dit... Nous avons toujours bien ri mais mes gènes ont toujours refusé l'apprentissage que mes enfants semblent n'avoir jamais fait aussi difficilement que moi... Même chose pour l'apprentissage de na natation : j'ai mis 3 ans. 3 années !!! Des années laborieuses et douloureuses à un âge où tout pouvait passer par le jeu, on me le faisait faire presque par l'intellect, un maître nageur détestable et sans doute très français dans sa "pédagogie".

Permettez-moi de vous conter ce qui s'est passé pour mon second fils. Un jour, au bord d'une piscine où il n'avait pas pieds, avec ses brassards, il a regardé l'eau qu'il aimait tant. Il a enlevé ses brassards, il a sauté et en nageant comme un dauphin il a traversé la largeur d'eau : voilà, en quelques secondes il savait nager (suis-je le (seul) père biologique de ce poisson ? re😉 ?).

Je pense – en fait je le sais et j'en suis totalement convaincu – que chez le petit enfant il y a une part d'imitation de l'adulte. Un adulte, c'est debout, un point c'est tout. L'enfant imite ceux qui l'entourent, mais pas le chat ou le chien, il sait (par ses gènes si vous voulez) qu'il fait partie de l'espèce humaine, pas de celle de la tulipe ou de l'hippocampe. L'enfant sait sans avoir reçu de cours pour ça, sans passer par une base de données.

L'enfant sait qu'il doit se lever, puis parler, puis se sentir être une personne, un "je". Comment le cerveau peut-il permettre un geste ? Et, pire, comment peut-il savoir quel geste il devrait activer afin de se lever si tel était le cas ? Oui, je sais, les gènes...

Non, Madame, je ne crois pas que mon cerveau fasse quoi que ce soit, et, pire, qu'il sente quoi que ce soit, et, pire du pire, qu'il pense (mais de ça vous ne parlez pas, je rajoute juste cela en espérant déclencher une brisure dans une idée reçue –  idée pour un prochain billet : l'activité pensante).

[image: entrelacs de fibres idéellement nerveuses dans une ambiance bleuté]
Image (cliquable) non décrite d'une page web à propos du nerf vague. J'ai aimé cette représentation... Source : europeanheadachealliance.org

L'être et l'émotion

Ah, ce cerveau ! Pour moi c'est le mal du siècle... depuis qu'on l'observe à la loupe (loupe qu'on fabrique avec des critères bien précis – bin oui, elle n'a pas de gène, elle –) le cerveau est devenu le chantre du monde. On compare sa taille à celle de celui des mammifères, et on est fiers. Voici notre Dieu, l'omniscient, l'omnipotent. Il trône tout en haut, au plus loin de la Terre au plus près du Ciel si l'on oublie tout ce qui vole et si l'on se dit nos sens transmettent des informations que le cerveau traite pour pouvoir renvoyer des ordres sous forme de courants électriques à nos muscles avec lesquels nous pouvons bouger... C'est bien beau tout ça mais on n'accorde aucune importance au mot le plus important de cette phrase : NOUS, JE. ON se dit que notre matière grise est capable de créer ce JE en nous. Ça doit être dans les gènes...

Un robot ou une IA (c'est pareil) peut non pas avoir mais vous présenter une idée de l'activité pensante qu'il n'a pas et dont il n'a pas non plus idée.... Il ou elle peut même dire JE, voire en ayant accès à une définition humaine du JE vous la présenter.

Homme, main gauche pointée par index de la droite sur le coeur
Portrait d'un vieil homme de 37 ans par Lorenzo Lotto (1542, Italy). L'index droit interrogatif plus qu'indicatif montre cette part de l'homme que sa main gauche protège.

Sous un angle pas si différent, que ça, une marionnette de chiffon peut montrer son cœur et dire "Qui, moi ?" (par la voix de son manipulateur...), elle peut m^me nous toucher, nous émouvoir au fond de nous à cause d'un geste bien posé au bout de ses fils. Croyez-vous que le cerveau ait accès à un gène dédié pour cela ? Si oui, on ne devrait pas voir les horreurs actuelles et passées, fruits de notre "humanité"...

La première chose que l'enfant apprend une fois qu'il sait qu'il a un corps (difficile à bouger au départ), c'est qu'il y a quelque chose de plus subtil en lui quand il se sent gai ou triste, bien ou mal, plein d'énergie ou vide d'envie. C'est un "truc" auquel le tas de viande qu'est le cerveau n'a pas accès. Et quand on sait que l'émotion peut être violente (à sa façon) on devine que derrière elle il y a encore plus subtil, c'est ce qui la perçoit et qui permet de dire Je en sachant qu'on est le seul à pouvoir le dire pour SOI.

Et quand on comprend que le cerveau n'est qu'un organe, une partie du tout qui atteint le corps seulement jusqu'à sa limite physique, on devrait se dire, comprendre et voir qu'on est bien plus que cela en tant que "Je".

Après un clin d’œil de la part de St Ex, "Je" vous laisse avec tout ça à soupeser : la suite, c'est (chez) VOUS.

(Citadelle LIII) L’enfant n’est que celui qui te prend par la main pour t’enseigner.

(Citadelle CLVIII)

Certes, me diras-tu, est fragile le petit enfant, et tel qui plus tard changera le monde eût aisément été soufflé dans ces premiers jours comme une chandelle. Mais j’ai vu mourir l’enfant d’Ibrahim. Dont le sourire était au temps de sa santé comme un cadeau. « Viens », disait-on à l’enfant d’Ibrahim. Et il venait vers le vieillard. Et il lui souriait. Et le vieillard en était éclairé. Il tapotait la joue de l’enfant et ne savait trop quoi lui dire, car l’enfant était un miroir qui donnait un peu de vertige. Ou une fenêtre. Car toujours l’enfant t’intimide comme s’il détenait des connaissances. Et tu ne t’y trompes guère, car son esprit est fort avant que tu l’aies rabougri.

Antoine de Saint Exupéry, Citadelle (ici Citadelle LIII et CLVIII)



NOTE(S)

Les images non sourcées sont de (C) Patrick ROUSSEL

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